07/02/2014

Un pays sans histoires, n’aurait-il pas d’Histoire ?

Encore une, me direz-vous ! Et que Diable, pourquoi vouloir impliquer par voie de pétition la société civile dans le choix des programmes scolaires ? Que d'histoires...

Eh bien tout simplement parce que nous sommes en Suisse. Dans ce petit pays à la construction unique, où les pluralismes linguistiques et religieux sont une marque de fabrication, où la pétition, l’initiative et le référendum sont, depuis 1848, les outils constitutionnels de la Démocratie directe, de liberté d’expression et d’action, à portée de mains du souverain, le peuple.

Or le vivre ensemble paisible, la prospérité,  que d’aucuns nous envient,  n’est pas que le fruit du hasard ou des circonstances. D’une géographie favorable, sans doute, mais aussi la conjugaison de volontés, l’action de personnalités lucides et courageuses qui ont tracé ce destin. Un pour tous, Tous pour un.

Alors, pas assez de conflits, de guerres pour alimenter des « vrais » cours d’Histoire ? Morgarten, Morat, Sempach, Marignan, et puis quoi ? On passe au Sonderbund, mais surtout à La Révolution française dont on nous fait tout une aventure, un feuilleton à rebondissements, bref, enfin de l’Histoire !

Et nous ? 1848, ce n’est certes pas 1789, pas de têtes coupées. Mais, au fond,  n’est-ce pas plus fort pour un peuple que l’avènement de cette Constitution, dans la conquête de ses Libertés?

Ensuite, on cite à juste titre Henri Dunant, Prix Nobel de la Paix. Et Guillaume Henri Dufour, Gustave Ador, Pictet de Rochemont, le Général Guisan ? De grands oubliés. De grandes pages floues. Juste des noms de rues, des statues.

Et pourquoi par ailleurs ignorer l’histoire de notre horlogerie, artisanale, performante, originale ? Il n’y pas que  la Révolution industrielle… Et encore et encore…

Il s’agit donc bien aujourd’hui, au moment où l’on croit, en réinventant les programmes scolaires,  au motif d’ouverture au Monde,  devoir cultiver la perte de repères, de remettre les pendules à l’heure. De revenir à nos fondamentaux, à un socle de connaissances communes, permettant à tout un chacun, grâce à l’école de comprendre pas par pas, un parcours heureux – et pourquoi pas ? Le chemin difficile, les sacrifices parfois, les efforts toujours, qui font que notre modèle existe,  une relative  success and liberty story, imparfaite mais ambitieuse, cela nous changera de la morosité ambiante !

La Suisse, comment ça marche ? Tant de peuples aujourd’hui se le demandent. Mais nous, les acteurs de ce scénario, le savons-nous ?  Je noterai avant tout avec les armes du respect et de  la volonté, avec  l’exercice courageux de la libre expression, dont la pétition est l’outil le plus simple pour entamer un débat public et le dialogue avec les autorités.

Et si, in fine, c’était tout simplement cela, le miracle helvétique?

Pour que ce modèle ne se contente pas d'exister mais qu'il vive, il faut que cela se sache, que cela s'enseigne.

Voilà pouquoi nous lançons, au nom de la NSH Groupe Genève ensemble avec nos jeunes, cette pétition. Place au débat, au dialogue. Or donc, à vos plumes! 

Pour accéder au formulaire de la pétition, suivre ce lien :

http://www.dialoguesuisse.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=41&Itemid=106&lang=fr

Imprimer le formulaire et récolter des signatures manuscrites à renvoyer à l’adresse mentionnée au verso.

 

 

06:07 Publié dans DE L'ORDRE ET DES IDEES | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Il y a une volonté très nette de la part de certaines forces politiques de "déconstruire" la Suisse, et on ne voit pas trop bien comment remonter la pente. Il semble que les urbains ont définitivement gagné la guerre contre les ruraux, en construisant la ville (villa) à la campagne. Au point extrême de nous bassiner avec le fait que le seul endroit où la biodiversité est respectée, c'est dans les villes, que le miel des ruches des villes est bien meilleur que celui des champs, etc, etc...
Pour ces urbains qui nous dirigent (l'alliance radical - socialiste), il est important de supprimer les racines culturelles des Suisses, jugées trop influencées par l'esprit fédéraliste et démocratique (d'où la dureté de la lutte contre l'armée, facteur de cohésion nationale) contra productif face aux exigences de l'Empire européen.
Personnellement, je juge le résultat de l'initiative du 9 février, anti-impérialiste par excellence, à l'aune de ce rapport de forces.
Étant plutôt pessimiste, je pense qu'il est probable que dans les décennies qui viennent, la Suisse va imploser et ne restera que la partie suisse allemande.

Écrit par : Géo | 07/02/2014

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