14/02/2014

Cette Principauté d’Helvétie dont le peuple est le Roi !

Avec 55,8% de votants, une majorité populaire de 50,3 % et plus de la moitié des cantons, la Démocratie, ce dimanche, a fonctionné, ne vous en déplaise. Pas de votes truqués, pas de corruption. Ce n’est pas une faute que de faire campagne tant pour le oui, que pour le non, cela s’appelle la liberté d’expression. Ensuite aller à 49, 7 % descendre dans la rue pour grogner contre un résultat, c’est renier la Constitution, celle que tant d’autres nous envient,  c’est cracher dans la soupe, oublier que l’Helvétie est cette Principauté dont le peuple est le Roi. Respect au souverain. La honte, s'il devait y avoir, reviendrait bien davantage à celles et ceux qui n'ont pas fait usage de leur droit, qui n'ont pas daigné voter. Il y a un prix à la Liberté.

Monaco, Andorre, le Lichtenstein et… l’Helvétie!

Pour mémoire : Monaco n’est pas signataire des accords de Schengen. Cela en fait un tiers Etat de l’Union Européenne mais pas le tiers monde… Entre Andorre et l’UE, il y a partage d’intérêts, libre circulation des biens ; quid des personnes ?

Le Fürstentum Lichtenstein, signataire des accords de Schengen depuis 2011, applique déjà les contingents. Plus significatif sur le fond, il pratique une circulation des personnes conditionnelle, selon des règles établies dans une Loi sur les Etrangers, contraignante, qui stipule par exemple à l’article 27 alinéa 3 que « les ressortissants étrangers ne peuvent se voir accorder un permis de séjour que s'ils ont réussi un examen d'éducation civique et de connaissances nécessaires de la langue  allemande  orale et écrite ». Lire aussi l’article 41 sur le regroupement familial. Et il ne s’agit bien que des critères d'obtention d'un titre de séjour pas encore de la naturalisation…

Saint–Marin et  le Vatican. L’Etat de la cité du Vatican n’est membre ni de l’Europe ni même des Nations Unies. La République de Saint-Marin a des relations diplomatiques avec l’UE sur les questions de sécurité et de Droits de l’Homme. Petits royaumes, certes, mais libres.

Entre les petits et les Grands, le tout ou le rien, il y a sans aucun doute de l'espace pour quelque chose.

L’Union Européenne exclut de facto toute souveraineté hormis la sienne. Avouez tout de même qu’il y a un abîme entre la souveraineté d’un Etat et celle d’un peuple, entre l’Union des Etats et celle des peuples. Entre une Confédération et une Union. Ce n’est pas l’union de quelques oligarques parlementaires qui fera la force et la légitimité de l’Europe, mais celle des peuples. D’ailleurs, l’Europe a-t-elle fait le bon choix ?

Le peuple américain existe, le peuple russe, chinois, africain, aussi. Envers et malgré tout. Le peuple européen n’existe pas. L’euro, cela ne suffit pas. Le charbon et l’acier non plus. L’UE est un concept, une vue de l’esprit qui peine à s’incarner. Ce n’est pas d’avoir une fois donné sa voix à un concept qui suffit à lui donner du corps, du souffle, de la vie. Tout au plus un relent de Pax Romana, la paix des ménages, soit. Mais on ne fabrique pas comme ça un nouveau continent.

Le 9 mai, journée de l’Europe, manque de ferveur. Qui ne confond pas encore le Robert Schumann du Carnaval de Venise avec celui  de la CECA ? L’Europe reste à conquérir.

Ce que je crois : Lorsque les parlementaires européens, élus pour représenter un peuple, lui reconnaîtront le droit au Référendum et à l’Initiative, le droit fondamental à la souveraineté comme une consécration et non comme un affront ou un crime de  lèse – majesté, alors, devenus helvético-compatibles, c’est naturellement que les suisses iront siéger à leurs côtés et tout ira très bien. C’est dans la complémentarité et la solidarité consenties et non imposées que nous serons forts.     

Plus de 700 ans d’expérience contre quelques balbutiements, de grâce restez modestes, on ne fait pas la leçon à notre vieille Dame Helvétie…

 

 

 

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07/02/2014

Un pays sans histoires, n’aurait-il pas d’Histoire ?

Encore une, me direz-vous ! Et que Diable, pourquoi vouloir impliquer par voie de pétition la société civile dans le choix des programmes scolaires ? Que d'histoires...

Eh bien tout simplement parce que nous sommes en Suisse. Dans ce petit pays à la construction unique, où les pluralismes linguistiques et religieux sont une marque de fabrication, où la pétition, l’initiative et le référendum sont, depuis 1848, les outils constitutionnels de la Démocratie directe, de liberté d’expression et d’action, à portée de mains du souverain, le peuple.

Or le vivre ensemble paisible, la prospérité,  que d’aucuns nous envient,  n’est pas que le fruit du hasard ou des circonstances. D’une géographie favorable, sans doute, mais aussi la conjugaison de volontés, l’action de personnalités lucides et courageuses qui ont tracé ce destin. Un pour tous, Tous pour un.

Alors, pas assez de conflits, de guerres pour alimenter des « vrais » cours d’Histoire ? Morgarten, Morat, Sempach, Marignan, et puis quoi ? On passe au Sonderbund, mais surtout à La Révolution française dont on nous fait tout une aventure, un feuilleton à rebondissements, bref, enfin de l’Histoire !

Et nous ? 1848, ce n’est certes pas 1789, pas de têtes coupées. Mais, au fond,  n’est-ce pas plus fort pour un peuple que l’avènement de cette Constitution, dans la conquête de ses Libertés?

Ensuite, on cite à juste titre Henri Dunant, Prix Nobel de la Paix. Et Guillaume Henri Dufour, Gustave Ador, Pictet de Rochemont, le Général Guisan ? De grands oubliés. De grandes pages floues. Juste des noms de rues, des statues.

Et pourquoi par ailleurs ignorer l’histoire de notre horlogerie, artisanale, performante, originale ? Il n’y pas que  la Révolution industrielle… Et encore et encore…

Il s’agit donc bien aujourd’hui, au moment où l’on croit, en réinventant les programmes scolaires,  au motif d’ouverture au Monde,  devoir cultiver la perte de repères, de remettre les pendules à l’heure. De revenir à nos fondamentaux, à un socle de connaissances communes, permettant à tout un chacun, grâce à l’école de comprendre pas par pas, un parcours heureux – et pourquoi pas ? Le chemin difficile, les sacrifices parfois, les efforts toujours, qui font que notre modèle existe,  une relative  success and liberty story, imparfaite mais ambitieuse, cela nous changera de la morosité ambiante !

La Suisse, comment ça marche ? Tant de peuples aujourd’hui se le demandent. Mais nous, les acteurs de ce scénario, le savons-nous ?  Je noterai avant tout avec les armes du respect et de  la volonté, avec  l’exercice courageux de la libre expression, dont la pétition est l’outil le plus simple pour entamer un débat public et le dialogue avec les autorités.

Et si, in fine, c’était tout simplement cela, le miracle helvétique?

Pour que ce modèle ne se contente pas d'exister mais qu'il vive, il faut que cela se sache, que cela s'enseigne.

Voilà pouquoi nous lançons, au nom de la NSH Groupe Genève ensemble avec nos jeunes, cette pétition. Place au débat, au dialogue. Or donc, à vos plumes! 

Pour accéder au formulaire de la pétition, suivre ce lien :

http://www.dialoguesuisse.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=41&Itemid=106&lang=fr

Imprimer le formulaire et récolter des signatures manuscrites à renvoyer à l’adresse mentionnée au verso.

 

 

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