06/02/2016

MAH ou LA PASSION EN +(3)

Aujourd’hui, comme promis, nous parlerons chiffres.

Un seul chiffre est à retenir  pour le 28 février : 64 millions soumis au vote.

Tout le reste relève de l’élucubration. Tenez :

1. Le quiproquo sur les affiches à propos du montant d’investissement

 

MAH NON Nouvel 464935989.jpgMAH PPP 12647165_1669369089989238_9016069367448890949_n.png

= 131 !

 

 

 

La pierre d’achoppement : Une feuille de déroute brandie pour les besoins de l’anti - cause, qui mélange maladroitement les frais de fonctionnement et d’investissement, par exemple en mettant à charge du Oui les montants de déménagement des œuvres et les frais d’attente. Sachant que, avec un Non, le Musée devra fermer, les œuvres déplacées pour être protégées, et que le compte d’attente ne fera qu’augmenter avec une nouvelle attente. 

MAH coûts 944044_180440592313638_4316265780091761862_n.jpg

Comble de l’hypocrisie, ce même document vous assomme en bas de page  de la projection du coût  de fonctionnement d’un Musée rayonnant, sans prendre en compte les retombées économiques positives liées à sa réalisation à savoir:

1 franc investi dans la Culture rapporte 2 francs à l’économie !

Ce qu’on appelle le retour sur investissement. Volontairement ou involontairement ces omissions témoignent de la parfaite mauvaise foi ou de l’incompétence des opposants. 

 2. Au chapitre des dépassements de budgets,  d’aucuns se sont occupés d’aller en France chercher les exemples qui alimentent leurs angoisses ! Mais soyons lucides et restons en Ville de Genève pour en juger et nous rappeler que ceux-là mêmes qui vont dans la rue manifester contre un architecte français - tout en prônant l’accueil inconditionnel des étrangers - ont voté ces dernières années  unanimement et sans broncher tous les dépassements de crédits de leur magistrat, Rémy Pagani, tant pour la plaine de Plainpalais, que pour le Musée Rath et le Musée d’Ethnographie ! Qu’avant d’affubler de débordements un étranger, il conviendrait de les interroger d’abord sur les faiblesses de leurs propres élus.3.

3. Au chapitre des rétrospectives financières, on considérera comme particulièrement énigmatique le silence retentissant qui plane sur le coût de la non- réalisation du projet depuis sa validation en 2000 ! Pas un mot et cependant, le Musée a continué sa course, envers et malgré tout, cahin caha bien que déjà hors normes, avec 157 employés fixes et quelques auxiliaires pour un coût annuel de 33 millions, collections obligent. Ce chiffre, ne l’oublions pas,  représente bel et bien les frais fixes et intouchables de l’institution, agrandissement ou pas, rénovation ou pas, Musée ouvert ou pas. Nous avons donc dépensé depuis l’an 2000, cahin caha, en inertie et en tergiversations 15x 33millions, soit 495 millions!

4. S’ajoutent à ceux-ci les coûts trop ignorés d’un Musée fermé : les mêmes qu’au point 3, à multiplier par le nombre d’années. 

5. Plus triste encore: la somme de 67 millions de fonds privés, récoltés miraculeusement et avec passion auprès de privés, des plus modestes aux plus prestigieux, par une noble Fondation attachée à nos collections, qui pourrait à jamais s’envoler.

6. Revenons donc aux mathématiques : Genève, la plus petite des grandes villes, a une assiette fiscale limitée au nombre de ses contribuables, lequel n’est pas extensible. Il lui reste pour réaliser les investissements nécessaires à son évolution et à son rayonnement l’unique possibilité de s’a6. ssocier avec les privés. C’est du simple calcul mathématique. 

7. Sauf à considérer  les limites de la politique: à savoir que le Vert Mugny, qui a lancé le projet, se voit contesté  par Cramer, que Pagani, maître d’ouvrage du projet, se voit combattre par Grobet, tandis que les mécènes se chamaillent…

Ce qui nous prouve une fois de plus ceci :

 Il n’y a rien de plus nuisible à la Culture que la politique ! 

MAH hôtel Tintin IMAG0887.jpg8. Et de revenir en un clin d’œil à l’affaire Tournesol soit enl'occurence de l’incongruité de la guerre juridique concernant 1) la transformation du bâtiment sachant qu’aucun bâtiment des Camoletti n’a jamais été considéré comme sacré : Qu’il n’a jamais été question de saccage lors de la démolition des premières gares, ni de la Maison de la Radio, ni des casernes – qui sait encore lesquelles ? -  encore moins de la transformation de l’Hôtel Cornavin, celui de Tintin affublé en 1995 de deux étages supérieurs en verre, considéré unanimement comme un must du quartier !

 
hôtel Cornavin 19105955.jpg2) concernant les modalités du concours. Le lauréat ayant remporté légitimement  le concours des CFF pour les gares du Ceva,  je peine à saisir ce qui importune certains de le voir appeler pour le Musée, sachant que  la procédure d’appel n’est pas, mais absolument pas illégale.

9. De retour donc à la logique : A la base un projet qui suscite l’envie. La création d’une Fondation pour la récolte de fonds. Parmi tant d’autres, l’apport d’un collectionneur qui participe de manière décisive à l’investissement.

A noter au passage qu’à force de recevoir des collections, des legs qui arrivent parfois comme des épaves dans notre Musée déjà saturé, il pourrait se poser la question des savoir si, à l’avenir, la collectivité pourra à elle seule continuer de les entretenir. Oui, nous en sommes là. Et de nous demander si, à l’avenir, les collectionneurs/donateurs ne devraient pas se poser la question d’une nécessaire participation à l’entretien de leurs collections…

10. Et de l’appel au réalisme. Car en effet, quoique vous disent les uns et les autres, aucune économie n’est à espérer d’un rejet de la proposition.  Les charges de fonctionnement se maintiendront et la mise aux normes impérative se devra de rentrer en force rapidement pour un coût que nul ne connaît sauf à savoir qu’il n’apportera au Musée aucune valeur ajoutée.

Adieu alors espace, hauteur, lumière, mécènes et collectionneurs, musique ancienne, expos internationales, café au balcon,  et rebonjour le style vieux-jeu,  la niche aux habitués ringards et grognards, les colloques élitistes pour quelques illuminés, spécialistes, docteurs  dans l’art de vous faire bâiller en ressassant le passé puisque la jalousie, la méchanceté et surtout la stupidité aura ramené le plat du jour au rez-de-chaussée en votant pour un petit resto au lieu que pour un grand Musée !

Or sus, Genevois/es,  réveillez-vous ! Ne laissez pas ainsi renier votre Musée! Prenez  de la hauteur, restez solides aux côtés des amoureux de la culture, les mieux engagés et les moins lâches, vous rappelant que,

qui ne risque rien n’a rien,

qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire  

que  rien de grand ne se fait sans passion !

OUI le MAH + mérite votre  OUI le 28 février !  

 

 

00:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.