29/02/2016

MAH – RIEN N’EST GAGNE

Konrad Witz is.jpgPour notre Musée, rien n’est gagné sauf le doute avec des  problèmes plus que jamais insolubles pour donner un avenir à cette bâtisse.

Aujourd’hui le calendrier immédiat consiste à fermer le Musée. Ni plus ni moins. Le coût de la fermeture : 33 millions par an. Il en a fallu 13 pour le Musée d’ethnographie, faites le calcul !

Puis un crédit dit de restauration sèche de 80 à 100 millions aux frais exclusifs de la collectivité. Là on aborde les vrais problèmes, ceux de la capacité ou non de la Ville à les assumer. La réponse est non.

Ensuite la question de son avenir. Historiquement le Musée n’avait jamais été pensé pour rivaliser avec les autres mais pour mettre en valeur nos collections patrimoniales qui sont de très haute valeur : Witz, Hodler, Liotard, Calame, les derniers pharaons du Soudan, l’horlogerie et les instruments anciens que viennent compléter les legs de collectionneurs locaux.  Pour lui donner une place européenne, il s'agit de prendre en compte les intéressés. Le vote  municipal d’hier  ne représente pas le tout Genève, encore moins le Grand Genève ou la Genève internationale. La question se pose donc sérieusement du partage de la tutelle de ce Musée avec le canton, voire au-delà, pour une solution « rapide », rayonnante et financièrement supportable.

Quant aux mécènes et sans doute à l’architecte, ils rejoignent la cour de ceux que la Ville de Genève a si bien su chasser ou rejeter : Calvin (oui, ils l’avaient rappelé mais le Réformateur disait  « Genève, cette croix sur laquelle je me lève chaque jour »), Rousseau et Dunant. Pour eux, le Panthéon se rapproche… Pas pour nous.

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24/02/2016

Ville de Genève, un art de la Culture du monde à l’envers?

En relisant l’article dans le Temps de Sylvain Besson paru le 26 janvier 2013, (http://www.scoop.it/t/photography-jch/p/3995539617/2013/01/26/l-influence-des-grandes-familles-protestantes-a-geneve-mecenat-philantropie-petrole-art-culture), un article misérable posté hier sur FB par une voix imbibée de références pseudo - sociologiques,  je tenais à apporter des informations plus générales, historiques, hors clichés, concernant le soutien au monde muséal de notre cité que voici : 

     1. L’esprit des Lumières ouvre et crée les Musées. 

Faut-il le rappeler, l’existence des Musées est le fruit d’esprits humanistes, ceci depuis l’Antiquité. Dès la Renaissance puis au temps des Lumières, toutes les familles bourgeoises éprises de culture et d’Histoire telles que les Borghese ou les Farnèse en Italie y ont contribué, Que leur seule religion était  l’amour des œuvres, des chefs d’oeuvre et le partage de leur émerveillement avec leurs concitoyens. 

Que de privées, les collections s’ouvrent progressivement vers le public à partir du xviiie siècle par exemple à Rome, où les Musées du Capitole sont ouverts au grand public en 1734, à Londres avec le British Museum ouvert en 1759, à Florence avec la Galerie des Offices en 1765, à Vienne avec le Palais du Belvédère en 1811, à Madrid avec le Musée du Prado en 1819, à Munich avec l'Alte Pinakothek  et à Genève avec le Musée de Genève – Musée Rath - en 1826, puis l'Altes Museum de Berlin en 1830. Ces quatre derniers musées comptant parmi les premiers à être installés dans un bâtiment spécialement conçu pour cet usage ou avec l'ouverture au grand public : « les œuvres du génie appartiennent à la postérité et doivent sortir du domaine privé pour être livrés à l'admiration publique » écrit Alfred Bruyas, ami et protecteur de Gustave Courbet.

Musée Rath.jpgLe Musée Rath, du nom de son mécène le Général Simon Rath qui légua à ses deux soeurs Jeanne-Françoise et Henriette, une importante somme d'argent « afin de créer quelque chose d'utile à son pays et qui portera son nom ». Construit dans le style antique, il passe dès 1880 dans les mains de la Ville de Genève. Les collections devenues trop volumineuses, on lui créa le nouvel espace en 1910  dans un style  Beaux-Arts à la française, espace fort contesté déjà en ce temps-là Toutes ses collections –  sauf le patrimoine propre et historique - sont issues de la générosité de collectionneurs privés. Le succès populaire des expositions et des musées est le reflet d'une politique d'instruction et de vulgarisation qui marque le dernier quart du xixe siècle.

gropius s.jpgDans une logique de démocratisation culturelle, le concept même de l’architecture du Musée est revisitée par Walter Gropius (1883 - 1969) architectedesigner et urbaniste allemand, époux d’Alma Mahler qui le vénérait comme étant le plus grand génie qu’elle ait eu l’honneur d’aimer – et elle avait de quoi pouvoir jauger -  fondateur du Bauhaus. Entouré  notamment de Kandinsky et de Paul Klee, il dessine en 1942 un « projet de Musée pour une petite ville ». Il imagine alors supprimer les cloisons pour « abattre la barrière qui sépare l'œuvre d'art de la collectivité vivante ». En 1978, l'architecte I.M. Pei construit la nouvelle aile de la National Gallery de Washington. Formée de deux blocs triangulaires organisés autour d'une cour centrale, elle abrite des salles d'exposition et un centre d'étude des arts visuels. On y voit déjà le motif de la pyramide utilisée comme puits de lumière que l'on retrouvera au Louvre.

aigle is.jpgPendant ce temps, l’Histoire  à Genève s’arrête pour certains licenciés de l’art en 1910 sur un Musée ringard, fermé sur cour,  replié sur le passé tandis que le Monde muséal évolue en Europe depuis 1942…

Ceci pour le contenant. Et maintenant pour le contenu. 

     2. Du pacte d’amour entre le Commerce et la Culture

Une grande tradition lie historiquement une entreprise heureuse à de belles collections. Un entrepreneur prospère devient naturellement un collectionneur avisé, tant il est vrai  qu’il existe depuis des décennies un pacte d’amour entre le Commerce et la Culture Et la passion des objets faisant les rencontres et les mariages heureux, le goût se cultive et se partage d’abord en famille avant que de se transmettre à la collectivité. En voici quelques  exemples :

Avant Bâle, le modèle de Winterthur :

Oskar Reinhart (1885-1965),  père de la Fondation qui porte son nom, était l'un des collectionneurs d'art les plus importants de Suisse et le descendant d'une dynastie de commerçants de Winterthur. Son père, Theodor Reinhart (1849–1919), initia avec succès le commerce entre l'Inde et l'Europe.

Baur 2007-chinese-snuff-bottles.jpg

A Genève, Alfred Baur, père des collections qui portent son nom,  né en 1865 à Andelfingen (ZH) est envoyé après un apprentissage à Winterthur à Colombo (Ceylan) où il fonde  sa propre entreprise d’engrais organiques. En 1906, M. Baur revient en Suisse et choisit de s’installer à Genève, ville de son épouse Eugénie Baur-Duret. Son retour  marque  le début de son activité de collectionneur d’objets d'art japonais (céramiques, laques, netsuke et ornements de sabre) et chinois (jades). Parallèlement il développe le commerce du thé.

 

En Allemagne aussi

Helene_Müller_and_Anton_Kröller.jpgHélène Kröller, amoureuse des belles choses, épouse Anton Kröller, homme d’affaires hollandais. Ensemble,  entre 1907 et 1922, ils acquirent plus de 11 500 objets d'art. A part l'art ancien, la collection Müller- Kröller  devient célèbre en se tournant  vers l'art moderne,  qui en fera  l'une des toutes premières véritables collections d'art moderne au monde. Légué en 1935 à l’Etat néerlandais, la maison devenue Musée Kröller-Müller dispose aujourd’hui notamment de la deuxième collection mondiale de tableaux de Vincent van Gogh ( après celle du musée Van Gogh d'Amsterdam) avec 180 dessins et 91 toiles  D'autres artistes majeurs sont aussi représentés comme Georges Seurat avec la plus importante collection au monde (hors esquisses), Georges BraquePicasso, Wassily KandinskyFernand Léger, etc. Le musée possède également une importante galerie de sculpture moderne (Auguste RodinUmberto BoccioniJean DubuffetLucio Fontana, etc.). Un couple de passionnés pour des visiteurs enchantés…

aigle is.jpgPendant ce temps à Genève, on entend dire par certains qui le pratiquent à titre privé, que la collectivité eut dû alors s’improviser collectionneuse d’art, la belle affaire ! Rien jamais de semblable n’a été pensé pour le Musée de Genève.  C’est cela aussi la démocratie directe : partager le goût de ses habitants, leurs passions, accueillir, conserver et exposer leurs collections dans notre Musée d’Art public.

  1. Des moyens de nos ambitions : Une étude européenne.

Forte de ces parcours riches et enrichissants, l’OCDE a mené en 2011 une étude qui  s’applique à démontrer la nécessité de promouvoir l’investissement dans la Culture. Des organismes tels que  l’ABSA  Association pour le mécénat artistique des entreprises et le CEREC Comité européen pour le rapprochement de l’économie et de la culture s’y emploient.

Le constat étant que la plupart des pays européens atteignent aujourd’hui leurs limites budgétaires et devraient dès lors, tout particulièrement au vu de la récente crise économique, montrer une intention de plus en plus ferme d’expérimenter des systèmes d’aide privée à la Culture. L’OCDE encourage la promotion de l’aide privée dans la Culture

Quelques exemples concrets :

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas  disposent des mécanismes  les plus avancés pour stimuler l’investissement privé dans la Culture. Au Pays Bas,  par exemple, les dons périodiques aux institutions et associations culturelles comptant au moins 25 membres et jouissant d’une pleine capacité juridique sont fiscalement déductibles à 100 %.

Ecosse is.jpgLe gouvernement écossais de son côté finance un programme appelé New Arts Sponsorships Grants, administré par A&B Scotland et Creative Scotland. Les organisations artistiques qui bénéficient d’un sponsoring d’entreprise admissible, en nature ou en espèces, reçoivent une livre sterling des fonds publics pour chaque livre sterling sponsorisée.

De quoi rêver…

L’UE préconise en outre un soutien aux forums d’arts et d’entreprises au titre de médiateurs entre les arts, les entreprises et les législateurs.


Genève écusson  603px-Coat_of_Arms_of_Geneva.svg.pngPendant ce temps en Ville de Genève,  l’on finance sans compter avec de l’argent public les établissements alternatifs, on veut  faire du neuf, mais on oublie le bâti, devenu  patrimoine pourri, on collectionne les chantiers ratés, les occasions manquées, les idées figées... mais on veut  du social, des crèches, de la verdure, une ville propre, une ville vivante soit, mais ne marchons-nous pas  sur la tête ? 

Car, en lisant attentivement les premières pages du 11e PFI 2016 - 2024, éditées le 15 août 2015, selon ses propres propos, je cite:  le Conseil administratif accorde une importance particulière à la gestion des investissements et à l’évolution potentielle de la dette. Il a décidé de garder pour le 34ème budget financier quadriennal 2016-19 (BFQ) la limite annuelle d’investissement à 130 millions de francs nets. Ce PFI démontre à nouveau que les projets déjà engagés sont nombreux et, à court terme, la marge de manœuvre pour en introduire de nouveaux est ténue. Actuellement, des ressources financières importantes sont prévues dans les domaines de la culture, du logement, de l’aménagement ainsi que pour les équipements scolaires.

La Culture à elle seule accapare 47% des investissements dès 2017 et il n'y a pas que la Culture...


Revenons donc à la raison:

MAH logo.pngLe pari de Genève, c’est d’apprendre à relever ses défis avec les autres, de partager ses Musées et toute sa Culture avec les privés, de renvoyer les alternatifs à leurs alternances (voir la Fondation l’Abri), d’applaudir le travail immense des fondations et des particuliers qui, seuls ou en associations, viennent en appui à la collectivité aussi dans l’Humanitaire et le social. Sans eux, Genève ne pourrait rester « Cette colline sur l’Europe », elle en perdrait son souffle, donc son esprit. A
vec 67 millions offerts pour le MAH par des amoureux de la Culture, nous ouvrons la Cité vers l’avenir, tout en ne négligeant pas nos priorités sur les domaines de la propreté, de la sécurité, du bien-être de nos concitoyens. Sans eux, et c'est toute une Histoire, nous ne serions plus nous.  

Votons donc un OUI déterminé au nouveau  Musée pour Genève le 28 février!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20/02/2016

De la barbarie genevoise envers les mécènes

D’aucun se répandent depuis quelques jours en spécialistes sur le mécénat, versus Bâle. Compte tenu des liens étroits qui me lient à ce canton/ville, ma curiosité en a été avivée. Je me devais donc pour moi-même de creuser  la question puis de  partager avec vous ce qui suit:

L’exemple de Bâle

paul sacher.jpgLe mécénat bâlois a un nom : SACHER. Paul SACHER industriel et chef d’orchestre qui a épousé Maja SACHER, veuve STEHLIN HOFFMANN (La ROCHE) devient alors mécène et commanditaire de près de trois cents œuvres de musique contemporaine classique dont quelques chefs d’œuvres : le Divertimento de Béla Bartók, la Deuxième Symphonie d'Arthur Honegger et la Petite symphonie concertante de Frank Martin.

En hommage à la générosité de cet homme,  Mstislav Rostropovitch commanda en 1976 un cycle de douze œuvres pour violoncelle à douze compositeurs différents ayant pour thème le "nom" de S-A-C-H-E-R : mi, la do, si, mi, ré) dont Trois Strophes sur le nom de Sacher d’Henri Dutilleux, les Sacher-Variationen de  Witold Lutoslawski, Tema "Sacher" de Benjamen Britten entre autres. Heureux temps que celui où les bénéficiaires de dons généreux cultivaient encore des restes d’élégance…

De la tradition à l'évolution

Schaulager.jpgPetite fille de Maja SACHER STEHLIN, Maja OERI devient, elle aussi, une passionée de l'art contemporain et grande dame du mécénat. Après avoir étudié l’histoire de l’art à Berlin, elle fut invitée en 1988 à rejoindre très officiellement la Kunstkommission der Öffentlichen Kunstsammlung im Kunstmuseum Basel. Par ailleurs, dès 1995, elle reprend la tête de la Fondation Emmanuel Hoffmann puis crée encore en 1999, la Fondation Laurenz, du nom de son fils décédé trop jeune. Cette dernière imagine et soutient alors la création du Schaulager, à Münchenstein/Basel/Kunstmuseum, un concept original et novateur d'un espace qui se situe entre l'entrepôt d'un musée et le Musée lui-même. Le Schaulager abrite principalement des œuvres de la Fondation Emmanuel Hoffmann. Aujourd’hui la Fondation annonce qu'elle subventionnera à hauteur de près de 50 millions de francs suisses la création de la nouvelle aile du Musée d'art de Bâle, mais la donatrice, tout naturellement, participe en tant que membre de la commission artistique du Musée, du choix des œuvres qui y seront exposées…

Pendant ce temps, à Genève, certains viennent vous expliquer qu’en cumulant les qualités d’industriel, de collectionneur et de mécène, on n’attend de vous que le profit de vos largesses matérielles, après quoi on vous demande par convention d’aller  vous cacher, d’entrer dans l’anonymat et de rester sourd, muet et aveugle face à l’utilisation qu’en fera l’institution bénéficiaire…un brin barbares ces genevois, pas vrai ?

En conclusion : Oui, le mécénat d’une grande famille bâloise est un exemple, mais le plus bel exemple n’est-il pas celui du gouvernement et des bourgeois de ce canton/ville, fiers et aimables envers leurs bienfaiteurs ?  

 

 

 

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06/02/2016

MAH ou LA PASSION EN +(3)

Aujourd’hui, comme promis, nous parlerons chiffres.

Un seul chiffre est à retenir  pour le 28 février : 64 millions soumis au vote.

Tout le reste relève de l’élucubration. Tenez :

1. Le quiproquo sur les affiches à propos du montant d’investissement

 

MAH NON Nouvel 464935989.jpgMAH PPP 12647165_1669369089989238_9016069367448890949_n.png

= 131 !

 

 

 

La pierre d’achoppement : Une feuille de déroute brandie pour les besoins de l’anti - cause, qui mélange maladroitement les frais de fonctionnement et d’investissement, par exemple en mettant à charge du Oui les montants de déménagement des œuvres et les frais d’attente. Sachant que, avec un Non, le Musée devra fermer, les œuvres déplacées pour être protégées, et que le compte d’attente ne fera qu’augmenter avec une nouvelle attente. 

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Comble de l’hypocrisie, ce même document vous assomme en bas de page  de la projection du coût  de fonctionnement d’un Musée rayonnant, sans prendre en compte les retombées économiques positives liées à sa réalisation à savoir:

1 franc investi dans la Culture rapporte 2 francs à l’économie !

Ce qu’on appelle le retour sur investissement. Volontairement ou involontairement ces omissions témoignent de la parfaite mauvaise foi ou de l’incompétence des opposants. 

 2. Au chapitre des dépassements de budgets,  d’aucuns se sont occupés d’aller en France chercher les exemples qui alimentent leurs angoisses ! Mais soyons lucides et restons en Ville de Genève pour en juger et nous rappeler que ceux-là mêmes qui vont dans la rue manifester contre un architecte français - tout en prônant l’accueil inconditionnel des étrangers - ont voté ces dernières années  unanimement et sans broncher tous les dépassements de crédits de leur magistrat, Rémy Pagani, tant pour la plaine de Plainpalais, que pour le Musée Rath et le Musée d’Ethnographie ! Qu’avant d’affubler de débordements un étranger, il conviendrait de les interroger d’abord sur les faiblesses de leurs propres élus.3.

3. Au chapitre des rétrospectives financières, on considérera comme particulièrement énigmatique le silence retentissant qui plane sur le coût de la non- réalisation du projet depuis sa validation en 2000 ! Pas un mot et cependant, le Musée a continué sa course, envers et malgré tout, cahin caha bien que déjà hors normes, avec 157 employés fixes et quelques auxiliaires pour un coût annuel de 33 millions, collections obligent. Ce chiffre, ne l’oublions pas,  représente bel et bien les frais fixes et intouchables de l’institution, agrandissement ou pas, rénovation ou pas, Musée ouvert ou pas. Nous avons donc dépensé depuis l’an 2000, cahin caha, en inertie et en tergiversations 15x 33millions, soit 495 millions!

4. S’ajoutent à ceux-ci les coûts trop ignorés d’un Musée fermé : les mêmes qu’au point 3, à multiplier par le nombre d’années. 

5. Plus triste encore: la somme de 67 millions de fonds privés, récoltés miraculeusement et avec passion auprès de privés, des plus modestes aux plus prestigieux, par une noble Fondation attachée à nos collections, qui pourrait à jamais s’envoler.

6. Revenons donc aux mathématiques : Genève, la plus petite des grandes villes, a une assiette fiscale limitée au nombre de ses contribuables, lequel n’est pas extensible. Il lui reste pour réaliser les investissements nécessaires à son évolution et à son rayonnement l’unique possibilité de s’a6. ssocier avec les privés. C’est du simple calcul mathématique. 

7. Sauf à considérer  les limites de la politique: à savoir que le Vert Mugny, qui a lancé le projet, se voit contesté  par Cramer, que Pagani, maître d’ouvrage du projet, se voit combattre par Grobet, tandis que les mécènes se chamaillent…

Ce qui nous prouve une fois de plus ceci :

 Il n’y a rien de plus nuisible à la Culture que la politique ! 

MAH hôtel Tintin IMAG0887.jpg8. Et de revenir en un clin d’œil à l’affaire Tournesol soit enl'occurence de l’incongruité de la guerre juridique concernant 1) la transformation du bâtiment sachant qu’aucun bâtiment des Camoletti n’a jamais été considéré comme sacré : Qu’il n’a jamais été question de saccage lors de la démolition des premières gares, ni de la Maison de la Radio, ni des casernes – qui sait encore lesquelles ? -  encore moins de la transformation de l’Hôtel Cornavin, celui de Tintin affublé en 1995 de deux étages supérieurs en verre, considéré unanimement comme un must du quartier !

 
hôtel Cornavin 19105955.jpg2) concernant les modalités du concours. Le lauréat ayant remporté légitimement  le concours des CFF pour les gares du Ceva,  je peine à saisir ce qui importune certains de le voir appeler pour le Musée, sachant que  la procédure d’appel n’est pas, mais absolument pas illégale.

9. De retour donc à la logique : A la base un projet qui suscite l’envie. La création d’une Fondation pour la récolte de fonds. Parmi tant d’autres, l’apport d’un collectionneur qui participe de manière décisive à l’investissement.

A noter au passage qu’à force de recevoir des collections, des legs qui arrivent parfois comme des épaves dans notre Musée déjà saturé, il pourrait se poser la question des savoir si, à l’avenir, la collectivité pourra à elle seule continuer de les entretenir. Oui, nous en sommes là. Et de nous demander si, à l’avenir, les collectionneurs/donateurs ne devraient pas se poser la question d’une nécessaire participation à l’entretien de leurs collections…

10. Et de l’appel au réalisme. Car en effet, quoique vous disent les uns et les autres, aucune économie n’est à espérer d’un rejet de la proposition.  Les charges de fonctionnement se maintiendront et la mise aux normes impérative se devra de rentrer en force rapidement pour un coût que nul ne connaît sauf à savoir qu’il n’apportera au Musée aucune valeur ajoutée.

Adieu alors espace, hauteur, lumière, mécènes et collectionneurs, musique ancienne, expos internationales, café au balcon,  et rebonjour le style vieux-jeu,  la niche aux habitués ringards et grognards, les colloques élitistes pour quelques illuminés, spécialistes, docteurs  dans l’art de vous faire bâiller en ressassant le passé puisque la jalousie, la méchanceté et surtout la stupidité aura ramené le plat du jour au rez-de-chaussée en votant pour un petit resto au lieu que pour un grand Musée !

Or sus, Genevois/es,  réveillez-vous ! Ne laissez pas ainsi renier votre Musée! Prenez  de la hauteur, restez solides aux côtés des amoureux de la culture, les mieux engagés et les moins lâches, vous rappelant que,

qui ne risque rien n’a rien,

qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire  

que  rien de grand ne se fait sans passion !

OUI le MAH + mérite votre  OUI le 28 février !  

 

 

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