• Parking de la Porte de Rive, du Musée, des clés de la Cité ?

    Voici 3 appellations qui interpellent sur la pertinence de la réalisation d’un nouveau parking, remis en cause par des grincheux voiturophobes. Et si je questionne l’appellation, c’est, en effet, parce que l’emplacement de ce parking ne le rend pas égal à un autre, c’est plus qu’un autre un parking  stratégique.

    Parking de la Porte de Rive ? Cette appellation rappellerait que nous nous trouvons à l’emplacement historique de l’accès à Genève par le Lac, ses rives, sa porte. Jouxtant les Halles, centre d’approvisionnement des produits locaux en provenance du Lac comme de tout le canton, le lieu est un rendez-vous de toute la population et il est vivement regrettable que les décideurs de son futur aménagement ne soient déjà que des élus municipaux (idem pour les référendaires).

    L’attractivité en particulier des Halles, renforcée par son marché, vaut bien plus que celle d’un  simple marché. C’est une agora ou s’échangent, se vendent, se côtoient autant de produits locaux que d’idées locales, où se tiennent les stands incontournables de tous les partis, pour toutes les votations ou élections, municipales, cantonales ou fédérales ! Ici,  on se retrouve, on discute, on vend, on partage. C’est par ici que, depuis toujours, l’on entre à Genève ! Et bienheureux celui qui, venu assez tôt, trouve encore le samedi matin une place de parking sous la Coupole malgré le montant excessif des tarifs… Enfin, s’il s’avère facile d’emporter quelques flyers du marché sur son vélo, il l’est moins d’emporter ses courses de la semaine pour et avec la famille, sans voiture !

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    Parking du Musée ? Cette appellation rappellerait que les aménagements alentours au Musée, originalement dessinés par Camoletti, prévoyaient une coulée visuelle depuis l’Esplanade jusqu’au Lac par une descente de jardins en escaliers, passant par Rive jusqu’au Jardin Anglais, façon Trocadero, splendide ! Un embellissement inspiré pour la Ville...

    Parking des clés de la Cité ? Cette appellation raccordait directement la basse à la haute Ville, les poumons et le cœur.

    Clés-de-Rive projet-amenagement-rive-ville-geneve-rubrique.jpgDonc in fine « Parking des Clés de Rive » ? Cette appellation résume l’ensemble de ce que nous exposions plus haut. Elle exprime aussi le compromis. Certes nous aurions aimé le projet de feu Jean de Toledo d’agrandissement du parking du Mont-Blanc, mais il ne s’est pas fait, privé-privé c’est du passé. Depuis, il aura fallu dix ans d’études par les services publics de la Ville – qui ne sont à notre connaissance pas conduits par des élus de Droite - en partenariat, oh miracle, avec des privés, accompagnés de deux ans de travail en commission spécialisée de l’aménagement pour obtenir enfin, récemment, un vote favorable du conseil municipal  par une majorité raisonnable.

    Or voici que, au lieu que de défendre ce compromis, ce consensus acquis à la manière bien helvétique, les perdants de ce vote historique viennent a posteriori organiser comme un déni de démocratie parlementaire, en cherchant à rejeter purement et simplement par un coup de crayon  tant de valeureux efforts et tout autant de millions! Pour résumer : quand, au terme de laborieuses années, le département de M. Pagani accouche – enfin - d’un projet raisonnable,  on peut compter sur les sirènes de son propre bord pour le faire avo(r)ter !

    Car oui, c’est un bon projet au bon moment au bon endroit. Le municipal ne s’est pas égaré. C’est aujourd’hui déjà l’accès en Ville le plus prisé du canton, le plus logique, et bientôt le plus beau !  Il y a et il y aura d’autres moyens de désengorger la Ville : une traversée par exemple, des accès ciblés par types de transport, des rues aux cyclistes, d’autres aux quatre roues, d’autres aux piétons.

    Quant au poumon économique de la Cité, s’il n’a plus d’artère majeure pour alimenter son Centre, il s’essoufflera vite et regardera impuissant les clients prendre leur voiture pour s’approvisionner dans les centres commerciaux de la périphérie, avec leurs parkings intégrés. Tout Centre commercial vit d’un parking intégré. Et sauf à vouloir devenir une Cité/Musée, le Centre-Ville ne fait pas exception. Ce que d’autres ont déjà compris, par exemple en France voisine.

    Aujourd’hui, nous sommes fatigués de ces aménagistes de rues, qui font et défont à eux seuls tout projet ambitieux, lancent des referendums contre les leurs, sans aucune vision  stratégique pour Genève.

    Vivement le retour aux affaires de la Droite le 15 mars prochain, car il est plus que venu le temps de l’Alternance !