26/05/2016

Et si l'on en causait...

La Gauche implosive et explosive se débat, se déchaîne, se répand de partout sur les 13 sujets de votations du 5 juin prochain. Encore faut-il en avoir le temps…

Ce matin, au réveil, après avoir fait le tour des médias, réseaux sociaux compris, je m’imaginais ce que deviendrait la vie dans notre pays des libertés, s’il était donné une suite favorable à l’idée néo communiste d’un revenu de base inconditionnel, au raccordement des services de télécommunications à la machinerie fédérale, au fantasme d’une production culturelle quasi aux dépens de l’Etat et à un projet de loi qui vous condamnerait à habiter des logements qui ne vous appartiendront jamais… avec quelques frissons, je voyais comme poindre ici les prémisses de la Dictature, tout l’appareil étant sur rail!

Alors j’ai pris mon bulletin de vote, avec reconnaissance de pouvoir m’exprimer sur autant de thématiques basiques, et pour les 11 premières croix c’était fait.

Restait le 12e sujet avec son petit jumeau 13e, qui fait à nouveau beaucoup parler de lui. Le 28 février c’était pour assassiner un Musée, et le 5 juin ? Ecoutons ce que raconte la Gauche :

Désordonnée et débridée, à coups d’arguments à moins de 10% de crédibilité, elle condamne notre premier vote budgétaire majoritaire dans la brochure officielle en nous imputant l’effondrement des bâtiments, du social et de la culture. Est- ce seulement possible ? Ensuite, concernant cette dernière, en mal de défense solide, elle reprend à son compte une étude menée voici 20 ans autour des Grandes Institutions culturelles qui démontrait qu’un franc dépensé pour la Culture en produisait 2 en retombées économiques. Pour les Beaux-Arts, le Lyrique certes, mais pour l’alternative, qui plus est aux dépens de l’Etat, l’étude n’existe pas.

En bref, on nous reproche la manière. Ce que l’un dit à l’autre dans un couple en rupture « Si tu l’avais dit autrement !». Mais, y a-t-il une bonne manière de rompre ? Rompre en l’occurrence avec des automatismes, des habitudes de dépendance à la subvention, reconduites depuis une génération, qu’il pleuve, qu’il grêle qu’il vente, sur l’argent du ménage du contribuable, comme un dû? Celui qui ose rompre, est-il plus mauvais que celui qui s’accroche ? Tout en reconnaissant le désagrément.

Ce qui est faux, ensuite, c’est de prétendre que nous n’en sommes qu’à la première dispute sur ces sujets. Ou à l’effort de discussion. Sur un seul exemple lors la séance de la commission de la culture en octobre 2011 avec Sami Kanaan : une majorité s’était trouvée pour voter au budget 2012 quelques réorganisations ciblées, non définitives, négociables si documentées à la commission des finances. Mais, une commissaire d’EàG a trouvé le moyen de couper court au processus en battant la chamade auprès d’associations qui se sont déployées en insultes à l’Hôtel de Ville. L’ébauche de discussion n’a donc jamais abouti. L’ancienne majorité a tranché.

Aujourd’hui, la majorité a changé. Admettons qu’elle va encore maturer et se perfectionner, Mais il est mensonger de prétendre qu’elle n’a pas recherché le dialogue. Face à cette politique de l’autruche, cette fuite en avant, ces dérapages d’une Gauche égarée et inconsciente, il est de notre responsabilité de vous appeler, en attendant des temps meilleurs, à riposter en votant le 5 juin prochain

2x OUI pour des finances saines en Ville de Genève !

 

 

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14/01/2014

D.E.G.A.G.E! ou le pouvoir du verbe

Six lettres. La force inouïe d’un impératif singulier présent qui, voici trois ans le 14 janvier 2011, a sonné comme les trompettes de Jéricho, et résonne encore, résonne toujours, plus loin et partout. Un  cri primal, le clairon de la délivrance, une voix, un commandement,  surgi nul ne sait vraiment quand, où, ni comment - dont nul en somme n’a jamais revendiqué  la paternité -  si  clair, si vrai, si évident,  franc, spontané, anonyme et partagé, qu’il ne lui aura fallu que quelques semaines,  pour que, repris en choeur et  avec ferveur, il s’impose naturellement à tout un peuple et provoque la chute d’un gouvernement!  Quel pouvoir, quelle efficacité !  Le pouvoir d’un seul verbe.

Il est vrai qu’il arrivait à point nommé, celui-ci. Et cependant,  je reste fascinée. Subjuguée par la force de ce verbe, un seul, ce produit  de notre cerveau, qui, pour n’appartenir à personne est devenu symbole de lutte de tout un peuple, a  libéré les voix, les  énergies,  à l’infini.

On avait déjà  entendu ailleurs des citoyens crier  « Indignez-vous ! », d’autres défiler derrière « la force tranquille », avec un  « Vivement demain », ou « Yes we can ! » Mais rien de semblable à cet impératif  qui,  sans gourou, sans autre leader que le peuple, sans agence de marketing ou de communication, a trouvé l’énergie, en ce 14 janvier, de chasser l’hiver et de croire au printemps.  Ainsi ce témoignage :

J'ai suivi au quotidien la montée de la vague révolutionnaire. Je sentais qu'elle allait cette fois atteindre des niveaux jamais atteints, mais je dois avouer que je ne croyais pas qu'elle serait en mesure de renverser le régime de Ben Ali. Mais je me suis vite rendu compte du changement intervenu dans les mentalités tunisiennes, les dés étaient jetés; Ben Ali tentait de calmer le jeu mais rien n'y faisait.

C'est dans cette atmosphère que je fus surpris le 14 janvier à 17h et quelques minutes par un appel téléphonique de mon frère qui me disait qu'un avion était en train de décoller de l'aéroport de Tunis Carthage et que ça pouvait  étre celui de Ben Ali en fuite.  Je courus vers la fenêtre de ma cuisine et vis de mes propres yeux s'envoler cet avion de la délivrance…

(MC à FK, le 25 décembre 2013)

Ah s’il suffisait d’un verbe, d’un seul,  pour recréer le monde, plus libre, plus juste, plus solidaire !

A  l’heure qu’il est, trois ans après,  perdus dans les méandres des 150 articles de leur future Constitution, les Révolutionnaires  mesurent combien il en faudra encore ajouter à ces 6 premières,  sans que la lettre n’étouffe l’esprit, pour  faire éclore un vrai texte de printemps, qui n’ait point trop perdu de la force primale, et rendre concrète,  durable et  vivante  cette formidable énergie populaire, l’énergie de la Révolution…

 

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01/02/2012

"CREER C'EST RESISTER. RESISTER C'EST CREER"

Ainsi se conclut le manifeste "Indignez-vous!", paru en octobre 2010, de Stéphane Hessel. D'origine juive polonaise, converti au luthéranisme, - on ne peut s'empêcher de faire ici le lien avec la famille de Moses Mendelssohn -, l'auteur avait échappé aux camps de Buchenwald et de Bergen-Belsen.  C'était de1941 à 1945, les années de la résistance. Ce simple mot RESISTER avait un sens vital. Celui qui a permis à Marie Durand, huguenote, de survivre alors dans la prison d'Aigues-Mortes. Page 13 "Ma longue vie m'a donné une succession de raisons de m'indigner. Ces raisons sont nées moins d'une émotion que d'une volonté d'engagement". Son parcours en est l'exemple: Libre, il s'engagera dans la diplomatie française, travaillera à New York auprès du secrétaire général des Nations Unies à l'élaboration de la Charte des Droits de l'Homme.

A suivre le parcours de cet écrivain et militant d'exception, on peine à discerner avec évidence le lien, sinon par le titre de l'opuscule, qui le relierait à l'actuel mouvement des indignés dont on l'a sacré, à son insu, leader intellectuel. Dire que ce "slogan" ait résonné - sans pour autant raisonner - auprès d' une jeunesse sans avenir économique soit en Grèce, en Islande ou en Espagne, comme auprès de peuples sans avenir politique soit en Tunisie, en Lybie, ou ailleurs, est vraisemblable. En comprendre le ton à Genève, ville de dialogue et de paix, devient plus ardu. Qui plus est au parc des Bastions, lieu convivial, familial et patrimonial sis face à ce fameux Mur, un Mur que l'on visite tant précisément parce qu'il n'est pas celui des Lamentations mais celui de l'espoir, celui de l'action.

Lisons encore: Je voudrais dire aux jeunes: la pire attitude est l'indifférence, le "je n'y peux rien, je me débrouille". L'une des composantes essentielles de l'humain est sa faculté d'indignation et l'engagement qui en est la conséquence. Et à la page 18 cette formule originale, cette sagesse: Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L'exaspération est un déni de l'espoir.

Conscient sans doute de n'avoir pas été compris d'emblée auprès des jeunesses contemporaines, S. Hessel publie très vite, soit au printemps 2011, un second manifeste  "Engagez-vous" puis un troisième, la même année, en collaboration avec Edgar Morin "Le chemin de l'espérance". Sans banderolles, sans fanfares, sans défilés.

Qu'est-ce à dire, sinon qu'ici, nos militants, bien que campés devant l'Académie, entourés de libraires, n'ont vraisemblablement connaissance ni du premier ni du second texte sans parler du troisième. Ont échappé au sens de leur combat. Du retour à l'obscurantisme. Que, sur le fond comme sur la forme, ce combat est décalé: parce que, nous aussi, nous sommes indignés contre des tyrans voici plus de 700 ans... et avons  créé la Confédération. Nous aussi, nous sommes indignés à Solférino voici plus de 150 ans... et avons créé la Croix Rouge. Ce ne sont que deux exemples que l'on ne peut raisonnablement ignorer sans compter le nombre extraordinaire de fondations et d'associations à but humanitaire qui ont vu le jour à Genève, cité qui, devant quasi chaque exas-pération voit naître de nouvelles vocations, de l'envie et de la volonté d'es-pérer.  

Le campement des indignés au parc des Bastions ne suscite qu'exas-pération et déni d'espoir. Leur comportement est une insulte.  A notre démocratie - allez voter! - comme à notre système social - aidez les associations! De plus il est une offense à la pensée et à l'oeuvre de celui-là même qu'ils croient suivre et dont nous affirmons que l'on a pas plus le droit de piétinner les mots que l'on se prend celui de piétinner nos pelouses.

L'appel de l'auteur est clair: A ceux qui feront le 21e siècle nous disons avec notre affection "CREER C'EST RESISTER, RESISTER C'EST CREER". Paroles chaleureuses, sensées, paroles de maître. Qui plus est, ma foi, paroles de socialiste! Qu'attend donc la majorité alternative du conseil administratif de la Ville de Genève pour en décider l'application?

11:54 Publié dans DE L'ORDRE ET DES IDEES | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

CREER C'EST RESISTER. RESISTER C'EST CREER"

09:08 Publié dans DE L'ORDRE ET DES IDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

24/11/2011

Le RAAC et la CARTS

Or donc, nous y étions, membres du PLR : Guy Dossan, président de la commission de la Culture de la Ville en ce samedi 18 novembre 2011. Ni vus ni connus, pourquoi? Brève analyse de la cause possible d'un trouble de vision ou d'un acte manqué lors des contrendus dans la presse locale: ceux ou ce qu'ils avaient envie de voir, d'entendre ou pas.

Par exemple: La bienvenue mise au point du nouveau chef de la Culture, Sami Kanaan, à savoir que les prétendues coupes dans le budget 2012 ne sont de fait que le maintien des acquis 2011. La moins heureuse manière dont il a qualifié une coupe qui visait à remettre en cause un million de flou artistique dans l’attribution des fonds généraux, notamment théâtraux, qui, pour avoir provoqué une tempête n'en était loin s'en faut pas pour autant intempestive dans la mesure où celle-ci contestait deux dysfonctionnements au sein du département: le non respect du règlement officiel d’attribution et la non transparence (cumuls masqués). Des procédés que tout conseil municipal responsable se doit de dénoncer. L’occasion encore de rappeler ici une motion M-642 « pour la clarification des critères de subventionnement à diverses associations » que nous avions déposée en 2006, année où le canton a adopté sa Loi sur les indemnités et les aides financières (LIAF). Signe encore  du flou politique persistant au sein de la municipalité: la rapporteuse peine depuis trois ans à rendre son rapport... tous ces flous cumulés ne contribuant pas à créer une base solide de transparence et de confiance entre les milieux artistiques et politiques. 

La clarté du positionnement du magistrat de la Ville face à celui du canton sur trois points: 1) La place de partenaire à part entière que la Ville entend garder en matière de soutien à la Culture « la Ville n’entend pas jouer les concierges dans des institutions aux mains de l’Etat ». 2) La revalorisation de la Conférence culturelle, initiée par Martine Brunschwig Graf  comme plateforme de dialogue entre instances culturelles et politiques décisionnelles. 3) La réserve quand au rôle d’un conseil de la culture qui revendiquerait au-delà de sa fonction d’expertise – déjà bien contestable  dans un domaine où la subjectivité est garante de liberté d’expression, des goûts et des couleurs - un rôle dans la gouvernance. Cette dernière est à l’évidence l’affaire des élus, en dernier ressort de la démocratie.

Enfin, notre vision quand au rôle des diverses collectivités. Pour nous, la Culture doit être l’affaire de tous les partenaires, publics et privés, au service du Public. 

Plus généralement, considérant les besoins d'une véritable politique culturelle pour Genève, nous nous inquiétons de ce que les responsables des départements concernés ne s’impliquent pas davantage pour faire de nos talents un argument d’attractivité (service Culture et Tourisme) et de rayonnement. Du modeste soutien aux  échanges et aux tournées dans l’espace large de la francophonie, par exemple, pour les théâtres si dépendants du paramètre linguistique. Chacun le sait, nul n’est prophète (qu’) en son pays.

 

De l’ordre et des idées, voilà ce que nous attendons de tous les départements, plus particulièrement de celui dont nous avons de bonnes raisons d’être fiers, celui de la Culture.

 

 

 

 

 

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