Genève

  • LAICITE versus GENEVE

    Toute liberté s’arrête là où commence celle de l’autre…

    C’est ainsi que l’on pourrait résumer de manière simple le consensus obtenu après de longs mois de travail et de discussions du parlement autour de la nouvelle Loi sur la Laïcité de l’Etat - dite LLE - destinée à mettre en application  l’article sur ce sujet tel que sorti des travaux de la Constituante en 2013. Tout y paraît relever du bon sens, qui plus est résultat d’ un compromis bien helvétique « au-dessus des clivages politiques » entre élus raisonnables, modernes, capables de débats constructifs. Dans la forme comme dans l’esprit, nous devrions sincèrement et sans réserve pouvoir nous réjouir du vote du Grand Conseil.

    C’est sans compter la rage de quelques extrémistes perdants, dont le besoin d’exister et de faire parler d’eux est proprement sidérant.

    A ceux-ci j’aimerais rappeler cela :

    L’histoire de Genève n’est pas une histoire religieuse, c’est une aventure spirituelle qui remonte à la fin de l’obscurantisme avec la Réforme de Calvin, se poursuit au siècle des Lumières autour de Rousseau et aboutit avec Dunant au Prix Nobel de la Paix. Ces trois genevois sont des symboles de notre histoire, davantage par les valeurs qu’ils incarnent que par leurs personnes.  Ce qu’on appelle communément « l’Esprit de Genève ».

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    L’Esprit de Genève, ce n’est ni un habit, ni une coiffure, ni un médaillon, pas même un écusson. C’est quelque chose d’invisible et d’insaisissable, reconnaissable à travers son histoire, aux personnes qui l'ont faite. Et s’il est vrai que cet insaisissable semble nous parler tout particulièrement le soir de l’Escalade, lorsque nous nous réunissons pour le feu de joie devant la cathédrale, ce n’est point parce que ce bâtiment serait « religieux », c’est parce qu’il est avant tout un symbole culturel, qu’il se situe sur une colline au-dessus de la ville, au-dessus de la mêlée, et, en particulier parce que son architecture affiche une étrangeté,  aujourd’hui devenue verte de par la rouille pour avoir été conçue non inflammable suite à de nombeux incendies au Moyen Age, à savoir cette flèche  à laquelle nous sommes curieusement bien plus attachés qu’à tout le reste du bâtiment, un peu comme les parisiens à leur Tour Eiffel. Pourquoi ? Tout simplement parce cette flèche verte concentre à elle seule ce qui fait Genève et son esprit, ce goût de l’envol et des hauteurs ! Ainsi le jet d’eau, autre image d’envol et de liberté…

    Or cet insaisissable, par lequel nous nous sentons genevois, mis à part ses symboles - arrivés fortuitement au cours du temps - n’est pas coutumier d’extériorisation. Notre ADN est avant tout faite d’intériorisation: Pas de carnaval, pas d’amusements, quasi pas de vie nocturne, bientôt plus de fêtes de Genève… ici c’est Genève, comme dirait un collègue. Un genevois se reconnaît à ce  qu’il n'extériorise pas ou aussi peu que possible ses convictions ou ses origines. Non qu’il n’en soit pas capable, mais c’est son choix.  Genevois ?  Oui, je - tu - ne le vois pas.

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    Celui qui affiche une médaille huguenote est français, d’origine méridionale,  celui qui porte une croix, d’origine latine, une main de Fatima au cou affiche l’Afrique du Nord, et celui qui exhibe sa Patek ou sa Rolex est à l’évidence un étranger ! Ici c’est la discrétion, la pudeur,  la mode retenue voire sévère bien que sans intolérance, sauf à tout exhibitionnisme ; un mot qui, pour un/e genevois/e, commence au premier signe repérable de volonté « d’apparaître ».  A Genève, pour être proches, amis, collègues, vivre longtemps en parfaite harmonie, ne dévoilez ni vos appartenances, ni vos origines, ni vos histoires de famille, pas même vos convictions politiques. Osons le dire et revendiquer sa liberté d’exister à un certain habitus genevois.

    Dans ce contexte,  les revendications de certains ou plus exactement de certaines vis-à-vis de la nouvelle LLE, et les débats outranciers qui l’entourent, créent il faut l’avouer un certain malaise pour ne pas dire un malaise certain. Le malaise, pour le résumer, tient à ce qu’ils/elles ne saisissent pas que leur liberté de s’afficher, ou d’afficher certaines – car il n’y a en définitive qu’elles qui se plaignent de cette loi -  dans une tenue décidée et convenue par des Etats attachés à l’obscurantisme, à la soumission et à la guerre, que par ailleurs elles ont quitté, suppose le respect de notre liberté historique  d’affranchissement de toutes les formes de contrainte, quelles qu’elles soient, et en particulier celle de devoir paraître ou apparaître sous une étiquette  sociétale ou culturelle! Nous sommes citoyen/nes genevois/es de par son Esprit. Ceci n’exclut d’aucune manière le mélange des races, que nous aimons, car c’est la couleur de la vie, la variété des chevelures et des coiffures car c’est la fantaisie de la vie, le côtoiement de toutes les modes, car elles nous font vibrer à l’air du temps. Le temps d’un échange libre, non conventionné, simple et naturel, c’est la vie à Genève.

    Laïcité affiche49710226_10158541869078312_3527800710034882560_n.jpgToutefois, au-delà des couleurs de la vie, il est un héritage culturel qui nous amène à porter haut et loin un nom qui concentre à lui seul aux yeux du monde entier les valeurs de Libération, de Lumière et de Paix, cela a un prix. Ce prix, c’est la retenue, c’est la culture de l’introversion, de l‘introspection, de la réflexion, du savoir-faire, de la bienveillance discrète, voire anonyme, du savoir taire, la culture de l’être plutôt que du paraître. Pour tous et devant tous.

    En revanche, rappelons que, s’agissant du dialogue et des pratiques interreligieuses, Genève est à l’avant-garde au plan international depuis près de 40 ans, l’Eglise Protestante de Genève ayant fait de l’ouverture aux autres l’une de ses priorités. Avec la LLE, c’est l’Esprit de Genève qui s’exprime ! Une loi originale portée par un esprit. Un esprit qui combat depuis toujours les cloisonnements, un esprit qui de par sa nature ne peut être que laïc car réfractaire à tout enfermement religieux  - ce que Calvin avait d’abord voulu contester mais avec lequel il a dû s’accommoder car l’Esprit de Genève avait été plus fort ! - et qui, à travers lui, fait de notre République et Canton une référence de la grande aventure spirituelle de l’Histoire de l’Humanité. Toute liberté s’arrête là où commence celle de l’autre, l’autre étant l’Esprit de Genève. Voter  la loi sur la Laïcité, c’est voter pour que Genève reste Genève !

  • ALLONS CITOYENS DE GRAND COEUR...

    Natus passeport 1_bis_pasdedeux2015dsc_9550.jpgOr donc l’Alternative du conseil municipal genevois a déposé hier un projet de résolution  en vue de délester la Ville de l’une des rares compétences qui lui revenait encore : celle de délivrer son préavis pour un/e requérant/e au Droit de Cité en Ville de Genève, étranger/ère  de plus de 25 ans vivant chez nous depuis au moins 12 ans.

    Cette démarche, plus que notre respect, mérite notre sympathie. En effet, partout dans le monde, la nationalité est affaire d’Etat point barre. Sauf dans un petit pays, qui, depuis plus de 700 ans se bat vallée, par vallée, pour ses libertés, autrefois avec ses bras, une arbalète, des armes, aujourd’hui avec sa  voix, à coup de référendums, de pétitions, d’initiatives, de votations populaires. Ceci dans le cadre d’une constitution confédérale, qui s’est construite de bas en haut, ce qui l’amène de nos jours encore, lors d’une demande de nationalité, à demander au candidat de choisir une commune d’origine. Fait unique au monde. Il est vrai que pour les non natifs, ce terme peut faire confusion avec son réel lieu de naissance, ses racines culturelles et familiales. Il vaut donc mieux en garder l’esprit qui est celui de l’attribution d’une citoyenneté privilégiée, d’une nouvelle famille, faisant  de l’acquisition du livret rouge et blanc plus qu’une simple formalité, un nouveau passeport de vie.  Et ceci, rappelons-le, au nom du  grand génie des constitutions révolutionnaires, Bonaparte : l’autonomie des communes, la liberté municipale !

    Natus prestation images.jpgOui, je l’avoue, à chaque fois que le dossier d’un candidat unique, au parcours de vie unique, celui d’un futur concitoyen, d’un futur combattant devrait-on dire, arrive sur la table de la commission pour demander en quelque sorte d’adjoindre son nom à notre Histoire comme il va inscrire le nôtre dans la sienne, c’est avec l’émotion quasi d’une nouvelle naissance que nous le découvrons. Dossier secret, étudié discrètement ( lors d’un entretien, le plus souvent lors d’une visite à domicile), nous accomplissons avec lui une étape – en principe la première – d’un long parcours à triple échelons (communal, cantonal, fédéral) qui le mènera au jour solennel où, devant un conseiller d’Etat, il proclamera  publiquement et librement sa fidélité à notre Constitution en levant la main droite JE LE JURE !. Le passeport adjuré. Voici ce qui fait la force de la petite Suisse.

    Holà, disent certains, tout ceci est du passé, du folklore et du romantisme, vive  l’informatique, vive la modernité ! Et d’inventer un PRD 123,  qui réduirait le processus de nationalité à un enchaînement de formalités administratives confiées à des téléphonistes, des chefs et des sous-chefs de services, comptables, juristes, informaticiens, statisticiens, des policiers mais plus de politiciens. Et d’en appeler à la Cour des Comptes, pour lui demander de calculer l’économie de temps, d’argent que l’on pourrait espérer dans le cas où l’on se passerait de l’avis des représentants du peuple. Voire déléguer la compétence à un seul exécutif. Pour le coût, maintenant on le sait, il n’y a pas d’économie en vue dans ce schéma, juste de l’administration en plus. Et d’un.

    Mais, comme  son nom l'indique, la Cour des Comptes a donc fait une série de calculs sur l’ensemble de la procédure, qui ont abouti au résultat qui n’a surpris qu’eux, à savoir que: devenir suisse, ce n’est pas si simple et que cela prend du temps! Comme si, délivrer un passeport de  citoyenneté  communale,  cantonale et fédérale, pouvait se faire en un clic, et comme si tout ceci pouvait passer outre la rencontre avec les intéressés et l’avis des élus populaires, tous niveaux et tous partis confondus. Comme si tout cela était trop lourd, trop long, trop subjectif, trop suisse en somme ! (On entendait presque sonner le clairon de l’Internationale...)

    On nous a donc – sans nous auditionner - mis devant le choix de décider nous-mêmes, puisque nous sommes in fine souverains, helvètes ma foi: soit de cultiver nos prérogatives, tout en nous expliquant lentement que cela nous obligerait à faire des votes à huis clos en plénière, que ce serait long et pénible et qu’il faudrait pour notre petit confort peut-être mieux décider de lâcher le processus à une seule et unique personne, chef qui plus est, ce sera plus simple. Ladite personne, auditionnée sur le sujet, a dit qu’elle ne s’y opposait pas, mais que dans ce cas,  elle s’en remettra à l’avis du canton, parce que trop de dossiers et pas de temps à perdre avec tout ça, basta. Et quid de notre démocratie ? De notre fédéralisme? De notre humanité ?

    Certains rêveraient-ils d’une grande internationale, techno- administro - informatico - helvétique ?

    C’est en tous cas, ce vers quoi s’achemine la proposition de l’Alternative d’hier – mais qui ne date pas d’hier - visant à supprimer la commission des naturalisations pour remettre l’octroi du Droit de Cité à un seul et unique superman, seul habilité à le délivrer. Le fait du Prince. C’est cela alors la sacro sainte objectivité ? Eh bien non, cela s’appelle tout simplement de l’arbitraire ! Au nom d’un subjectif  municipal on se sacrifierait pour de l’arbitraire administratif ! Et nous, conseillers, élus pour surveiller le CA, comment accomplirons-nous notre tâche ? Pire que l’arbitraire politique, cela deviendra du totalitarisme. La machine administrative à l’appui. Assurément le remède est pire que le mal. La dérive grave.

    Le Tribunal s’était d’ailleurs prononcé à ce sujet en 2003, en préservant aux communes un droit de recours en la matière. C’était à l’époque contre l’arbitraire politique. Mais, dites-moi, combien de dossiers, retenus par l’administration pour d’obscures raisons, dont ils n’auront jamais à nous rendre compte et sur lesquels la Cour n’aura aucun droit de regard – passeront ou ne passeront pas ? Combien ont déjà été retenus ?

    A notre sens, le droit de recours se doit d’être jalousement préservé par la commune, précisément dans une commune en charge de trop nombreux dossiers. Remis à une commission des naturalisations, celle-ci devra être présidée par la présidence du conseil municipal – seule compétente et libre de contrôler les rouages administratifs en la matière, formée de commissaires certes subjectifs mais bienveillants, de toutes les couleurs, issus de tous les groupes politiques, acquis à notre souveraineté, chargés de rencontrer et de connaître leurs futurs pairs. Le droit de recours ne sera plus l’affaire des avocats, mais de la présidence du conseil municipal, qui déploiera son artillerie juridique à défendre un candidat si nécessaire.

    Natus commission 160218-naturalisationpic2-jpg.jpgC’est pour cela que, soucieux de ne pas s’engouffrer tête baissée dans une proposition dont on ne saisit pas la finalité politique, certains élus en et hors partis divers, ont déposé leur propre PRD 150 sur cette importante  question et le défendront en urgence ce soir.

     « IL NE FAUT PAS S’EXPOSER A DETRUIRE L’ESPRIT MUNICIPAL » (Napolélon Bonaparte , séance du 8 mars 1806)

    Du moment que l’échelon du préavis communal est reconnu comme préjudiciel (voir site de la Confédération), que l’avis du canton peut faire l’objet d’un recours, que par ailleurs, vu leur volume, les dossiers sont voués à être noyés dans l’anonymat et l’arbitraire de la pile d’un magistrat communal - quelles que soient au demeurant les qualités de ce magistrat - il devient évident qu’en Ville, une commission des naturalisations, voire « de naturalisation et de citoyenneté » à l’instar de celle « des naturalisations et des agrégations » de Neuchâtel doit être maintenue.  Demeure réservé le mode de fonctionnement et d’intervention que celle-ci  jugera utiles d’adopter - et tant  mieux pour la créativité – en plus du vote officiel à huis clos,  afin de remplir la double mission de contribuer à préparer les candidats à ne plus aller voter qu’une ou 2 fois tous les 5 ans comme autrefois, mais 5 fois par an (!) et de les rencontrer individuellement pour décider en conscience et en humanité de leur Droit de Cité. Un pour tous, tous pour un.

    Oui, la Suisse a su jusque- là maintenir ce quelque chose de passionné, de passionnant dans l’acquisition de la nationalité, reflet de son histoire : une construction patiente, un gage de solennité, et l’atout cœur.  La Suisse est un pays lyrique, en témoignent nos paysages, les œuvres des peintres et des poètes. Le Cantique suisse n’est pas un hymne de bataille, c’est un chant pieux, une déclaration de foi, d’amour à la Patrie. La Suisse est un pays où l’on aime et que l’on aime. Ou pas. Citoyens d’une Willensnation, il appartient à chacun de la vouloir, Ou pas.  L’alternative n’existe pas.

    Et tout comme l’habit ne fait pas le moine, le passeport n’est pas un passe-droit, ni un faire-valoir ; il ressemble et ressemblera à celle ou celui qui le porte et il /elle lui incombe de lui donner vie, âme, corps, esprit, couleur, et légitimité. Et cela ne vaut pas que pour les étrangers !

    (NB: Il est renoncé au langage épicène pour la fluidité de la lecture, l'esprit néanmoins y est.)

     

  • Votation municipale du 5 juin : Pour discuter il faut être deux...

    Fête de la Musique 280px-Fetedelamusique.jpgAvec des arguments au rabais, du populisme et du clientélisme en surenchère, pourra-t-on enfin obtenir un dialogue sur les dépenses en Ville de Genève ? L’interview dans la Tribune d’hier d' Anna Vaucher entre Sami Kanaan (SK) et Simon Brandt, président du PLR Ville de Genève, nous permet d’en douter. En voici une synthèse brève et neutre.

    SK : Tant que la Ville a de l’argent, il faut le dépenser…

    PLR: Gouverner c’est prévoir. Vouloir rembourser la dette aujourd’hui, c’est rester libres demain.

    SK : Les artistes de la Fête de la Musique vont trinquer…

    PLR: la Fête de la Musique était originellement une Fête gratuite.Depuis, chaque artiste, y compris subventionné, reçoit 100CHF/prestation x 500 concerts ! On a glissé de la Fête au Festival. Les associations déjà subventionnées ne pourraient-elles pas offrir un peu de Musique lors de la Fête ?

    SK : Les acteurs culturels sont pris en otage…

    PLR : la Gauche refuse la remise en question. Résultat : le détour culturel par Genève ne s’impose toujours pas, les visiteurs préfèrent Lucerne, Zürich ou Bâle.

    SK : Avec la Culture on fait du social…

    PLR : Nous avons choisi d’augmenter le budget social de la petite enfance; avec celui de la Culture, faisons de la Culture.

    SK : RIE 3, c’est dans 3 ans, nous avons le temps pour discuter…

    PLR : Cela fait 4 ans que l’on tente de discuter, tous les moyens ont été tenté. Vous refusez nos arbitrages, juste pour maintenir les vôtres depuis plus de 20 ans.

    SK : Les méthodes de la Droite empêchent la concertation…

    PLR : La Gauche n’a pas de méthodes, juste des habitudes de pouvoir. 

    Dialogue de sourds, d’où le bras de fer le 5 juin, contre notre gré...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Et si l'on en causait...

    La Gauche implosive et explosive se débat, se déchaîne, se répand de partout sur les 13 sujets de votations du 5 juin prochain. Encore faut-il en avoir le temps…

    Ce matin, au réveil, après avoir fait le tour des médias, réseaux sociaux compris, je m’imaginais ce que deviendrait la vie dans notre pays des libertés, s’il était donné une suite favorable à l’idée néo communiste d’un revenu de base inconditionnel, au raccordement des services de télécommunications à la machinerie fédérale, au fantasme d’une production culturelle quasi aux dépens de l’Etat et à un projet de loi qui vous condamnerait à habiter des logements qui ne vous appartiendront jamais… avec quelques frissons, je voyais comme poindre ici les prémisses de la Dictature, tout l’appareil étant sur rail!

    Alors j’ai pris mon bulletin de vote, avec reconnaissance de pouvoir m’exprimer sur autant de thématiques basiques, et pour les 11 premières croix c’était fait.

    Restait le 12e sujet avec son petit jumeau 13e, qui fait à nouveau beaucoup parler de lui. Le 28 février c’était pour assassiner un Musée, et le 5 juin ? Ecoutons ce que raconte la Gauche :

    Désordonnée et débridée, à coups d’arguments à moins de 10% de crédibilité, elle condamne notre premier vote budgétaire majoritaire dans la brochure officielle en nous imputant l’effondrement des bâtiments, du social et de la culture. Est- ce seulement possible ? Ensuite, concernant cette dernière, en mal de défense solide, elle reprend à son compte une étude menée voici 20 ans autour des Grandes Institutions culturelles qui démontrait qu’un franc dépensé pour la Culture en produisait 2 en retombées économiques. Pour les Beaux-Arts, le Lyrique certes, mais pour l’alternative, qui plus est aux dépens de l’Etat, l’étude n’existe pas.

    En bref, on nous reproche la manière. Ce que l’un dit à l’autre dans un couple en rupture « Si tu l’avais dit autrement !». Mais, y a-t-il une bonne manière de rompre ? Rompre en l’occurrence avec des automatismes, des habitudes de dépendance à la subvention, reconduites depuis une génération, qu’il pleuve, qu’il grêle qu’il vente, sur l’argent du ménage du contribuable, comme un dû? Celui qui ose rompre, est-il plus mauvais que celui qui s’accroche ? Tout en reconnaissant le désagrément.

    Ce qui est faux, ensuite, c’est de prétendre que nous n’en sommes qu’à la première dispute sur ces sujets. Ou à l’effort de discussion. Sur un seul exemple lors la séance de la commission de la culture en octobre 2011 avec Sami Kanaan : une majorité s’était trouvée pour voter au budget 2012 quelques réorganisations ciblées, non définitives, négociables si documentées à la commission des finances. Mais, une commissaire d’EàG a trouvé le moyen de couper court au processus en battant la chamade auprès d’associations qui se sont déployées en insultes à l’Hôtel de Ville. L’ébauche de discussion n’a donc jamais abouti. L’ancienne majorité a tranché.

    Aujourd’hui, la majorité a changé. Admettons qu’elle va encore maturer et se perfectionner, Mais il est mensonger de prétendre qu’elle n’a pas recherché le dialogue. Face à cette politique de l’autruche, cette fuite en avant, ces dérapages d’une Gauche égarée et inconsciente, il est de notre responsabilité de vous appeler, en attendant des temps meilleurs, à riposter en votant le 5 juin prochain

    2x OUI pour des finances saines en Ville de Genève !

     

     

  • MAH – RIEN N’EST GAGNE

    Konrad Witz is.jpgPour notre Musée, rien n’est gagné sauf le doute avec des  problèmes plus que jamais insolubles pour donner un avenir à cette bâtisse.

    Aujourd’hui le calendrier immédiat consiste à fermer le Musée. Ni plus ni moins. Le coût de la fermeture : 33 millions par an.  

    Auquel vous ajoutez un crédit dit de restauration sèche de 80 à 100 millions aux frais exclusifs de la collectivité. Là on aborde les vrais problèmes, ceux de la capacité ou non de la Ville à les assumer. La réponse est non.

    Ensuite la question de son avenir. Historiquement le Musée n’avait jamais été pensé pour rivaliser avec les autres mais pour mettre en valeur nos collections patrimoniales qui sont de très haute valeur : Witz, Hodler, Liotard, Calame, les derniers pharaons du Soudan, l’horlogerie et les instruments anciens que viennent compléter les legs de collectionneurs locaux.  Pour lui donner une place européenne, il s'agit de prendre en compte les intéressés. Le vote  municipal d’hier  ne représente pas le tout Genève, encore moins le Grand Genève ou la Genève internationale. La question se pose donc sérieusement du partage de la tutelle de ce Musée avec le canton, voire au-delà, pour une solution « rapide », rayonnante et financièrement supportable.

    Quant aux mécènes et sans doute à l’architecte, ils rejoignent la cour de ceux que la Ville de Genève a si bien su chasser ou rejeter : Calvin (oui, ils l’avaient rappelé mais le Réformateur disait  « Genève, cette croix sur laquelle je me lève chaque jour »), Rousseau et Dunant. Pour eux, le Panthéon se rapproche… Pas pour nous.

  • Ville de Genève, un art de la Culture du monde à l’envers?

    En relisant l’article dans le Temps de Sylvain Besson paru le 26 janvier 2013, (http://www.scoop.it/t/photography-jch/p/3995539617/2013/01/26/l-influence-des-grandes-familles-protestantes-a-geneve-mecenat-philantropie-petrole-art-culture), un article misérable posté hier sur FB par une voix imbibée de références pseudo - sociologiques,  je tenais à apporter des informations plus générales, historiques, hors clichés, concernant le soutien au monde muséal de notre cité que voici : 

         1. L’esprit des Lumières ouvre et crée les Musées. 

    Faut-il le rappeler, l’existence des Musées est le fruit d’esprits humanistes, ceci depuis l’Antiquité. Dès la Renaissance puis au temps des Lumières, toutes les familles bourgeoises éprises de culture et d’Histoire telles que les Borghese ou les Farnèse en Italie y ont contribué, Que leur seule religion était  l’amour des œuvres, des chefs d’oeuvre et le partage de leur émerveillement avec leurs concitoyens. 

    Que de privées, les collections s’ouvrent progressivement vers le public à partir du xviiie siècle par exemple à Rome, où les Musées du Capitole sont ouverts au grand public en 1734, à Londres avec le British Museum ouvert en 1759, à Florence avec la Galerie des Offices en 1765, à Vienne avec le Palais du Belvédère en 1811, à Madrid avec le Musée du Prado en 1819, à Munich avec l'Alte Pinakothek  et à Genève avec le Musée de Genève – Musée Rath - en 1826, puis l'Altes Museum de Berlin en 1830. Ces quatre derniers musées comptant parmi les premiers à être installés dans un bâtiment spécialement conçu pour cet usage ou avec l'ouverture au grand public : « les œuvres du génie appartiennent à la postérité et doivent sortir du domaine privé pour être livrés à l'admiration publique » écrit Alfred Bruyas, ami et protecteur de Gustave Courbet.

    Musée Rath.jpgLe Musée Rath, du nom de son mécène le Général Simon Rath qui légua à ses deux soeurs Jeanne-Françoise et Henriette, une importante somme d'argent « afin de créer quelque chose d'utile à son pays et qui portera son nom ». Construit dans le style antique, il passe dès 1880 dans les mains de la Ville de Genève. Les collections devenues trop volumineuses, on lui créa le nouvel espace en 1910  dans un style  Beaux-Arts à la française, espace fort contesté déjà en ce temps-là Toutes ses collections –  sauf le patrimoine propre et historique - sont issues de la générosité de collectionneurs privés. Le succès populaire des expositions et des musées est le reflet d'une politique d'instruction et de vulgarisation qui marque le dernier quart du xixe siècle.

    gropius s.jpgDans une logique de démocratisation culturelle, le concept même de l’architecture du Musée est revisitée par Walter Gropius (1883 - 1969) architectedesigner et urbaniste allemand, époux d’Alma Mahler qui le vénérait comme étant le plus grand génie qu’elle ait eu l’honneur d’aimer – et elle avait de quoi pouvoir jauger -  fondateur du Bauhaus. Entouré  notamment de Kandinsky et de Paul Klee, il dessine en 1942 un « projet de Musée pour une petite ville ». Il imagine alors supprimer les cloisons pour « abattre la barrière qui sépare l'œuvre d'art de la collectivité vivante ». En 1978, l'architecte I.M. Pei construit la nouvelle aile de la National Gallery de Washington. Formée de deux blocs triangulaires organisés autour d'une cour centrale, elle abrite des salles d'exposition et un centre d'étude des arts visuels. On y voit déjà le motif de la pyramide utilisée comme puits de lumière que l'on retrouvera au Louvre.

    aigle is.jpgPendant ce temps, l’Histoire  à Genève s’arrête pour certains licenciés de l’art en 1910 sur un Musée ringard, fermé sur cour,  replié sur le passé tandis que le Monde muséal évolue en Europe depuis 1942…

    Ceci pour le contenant. Et maintenant pour le contenu. 

         2. Du pacte d’amour entre le Commerce et la Culture

    Une grande tradition lie historiquement une entreprise heureuse à de belles collections. Un entrepreneur prospère devient naturellement un collectionneur avisé, tant il est vrai  qu’il existe depuis des décennies un pacte d’amour entre le Commerce et la Culture Et la passion des objets faisant les rencontres et les mariages heureux, le goût se cultive et se partage d’abord en famille avant que de se transmettre à la collectivité. En voici quelques  exemples :

    Avant Bâle, le modèle de Winterthur :

    Oskar Reinhart (1885-1965),  père de la Fondation qui porte son nom, était l'un des collectionneurs d'art les plus importants de Suisse et le descendant d'une dynastie de commerçants de Winterthur. Son père, Theodor Reinhart (1849–1919), initia avec succès le commerce entre l'Inde et l'Europe.

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    A Genève, Alfred Baur, père des collections qui portent son nom,  né en 1865 à Andelfingen (ZH) est envoyé après un apprentissage à Winterthur à Colombo (Ceylan) où il fonde  sa propre entreprise d’engrais organiques. En 1906, M. Baur revient en Suisse et choisit de s’installer à Genève, ville de son épouse Eugénie Baur-Duret. Son retour  marque  le début de son activité de collectionneur d’objets d'art japonais (céramiques, laques, netsuke et ornements de sabre) et chinois (jades). Parallèlement il développe le commerce du thé.

     

    En Allemagne aussi

    Helene_Müller_and_Anton_Kröller.jpgHélène Kröller, amoureuse des belles choses, épouse Anton Kröller, homme d’affaires hollandais. Ensemble,  entre 1907 et 1922, ils acquirent plus de 11 500 objets d'art. A part l'art ancien, la collection Müller- Kröller  devient célèbre en se tournant  vers l'art moderne,  qui en fera  l'une des toutes premières véritables collections d'art moderne au monde. Légué en 1935 à l’Etat néerlandais, la maison devenue Musée Kröller-Müller dispose aujourd’hui notamment de la deuxième collection mondiale de tableaux de Vincent van Gogh ( après celle du musée Van Gogh d'Amsterdam) avec 180 dessins et 91 toiles  D'autres artistes majeurs sont aussi représentés comme Georges Seurat avec la plus importante collection au monde (hors esquisses), Georges BraquePicasso, Wassily KandinskyFernand Léger, etc. Le musée possède également une importante galerie de sculpture moderne (Auguste RodinUmberto BoccioniJean DubuffetLucio Fontana, etc.). Un couple de passionnés pour des visiteurs enchantés…

    aigle is.jpgPendant ce temps à Genève, on entend dire par certains qui le pratiquent à titre privé, que la collectivité eut dû alors s’improviser collectionneuse d’art, la belle affaire ! Rien jamais de semblable n’a été pensé pour le Musée de Genève.  C’est cela aussi la démocratie directe : partager le goût de ses habitants, leurs passions, accueillir, conserver et exposer leurs collections dans notre Musée d’Art public.

    1. Des moyens de nos ambitions : Une étude européenne.

    Forte de ces parcours riches et enrichissants, l’OCDE a mené en 2011 une étude qui  s’applique à démontrer la nécessité de promouvoir l’investissement dans la Culture. Des organismes tels que  l’ABSA  Association pour le mécénat artistique des entreprises et le CEREC Comité européen pour le rapprochement de l’économie et de la culture s’y emploient.

    Le constat étant que la plupart des pays européens atteignent aujourd’hui leurs limites budgétaires et devraient dès lors, tout particulièrement au vu de la récente crise économique, montrer une intention de plus en plus ferme d’expérimenter des systèmes d’aide privée à la Culture. L’OCDE encourage la promotion de l’aide privée dans la Culture

    Quelques exemples concrets :

    Le Royaume-Uni et les Pays-Bas  disposent des mécanismes  les plus avancés pour stimuler l’investissement privé dans la Culture. Au Pays Bas,  par exemple, les dons périodiques aux institutions et associations culturelles comptant au moins 25 membres et jouissant d’une pleine capacité juridique sont fiscalement déductibles à 100 %.

    Ecosse is.jpgLe gouvernement écossais de son côté finance un programme appelé New Arts Sponsorships Grants, administré par A&B Scotland et Creative Scotland. Les organisations artistiques qui bénéficient d’un sponsoring d’entreprise admissible, en nature ou en espèces, reçoivent une livre sterling des fonds publics pour chaque livre sterling sponsorisée.

    De quoi rêver…

    L’UE préconise en outre un soutien aux forums d’arts et d’entreprises au titre de médiateurs entre les arts, les entreprises et les législateurs.


    Genève écusson  603px-Coat_of_Arms_of_Geneva.svg.pngPendant ce temps en Ville de Genève,  l’on finance sans compter avec de l’argent public les établissements alternatifs, on veut  faire du neuf, mais on oublie le bâti, devenu  patrimoine pourri, on collectionne les chantiers ratés, les occasions manquées, les idées figées... mais on veut  du social, des crèches, de la verdure, une ville propre, une ville vivante soit, mais ne marchons-nous pas  sur la tête ? 

    Car, en lisant attentivement les premières pages du 11e PFI 2016 - 2024, éditées le 15 août 2015, selon ses propres propos, je cite:  le Conseil administratif accorde une importance particulière à la gestion des investissements et à l’évolution potentielle de la dette. Il a décidé de garder pour le 34ème budget financier quadriennal 2016-19 (BFQ) la limite annuelle d’investissement à 130 millions de francs nets. Ce PFI démontre à nouveau que les projets déjà engagés sont nombreux et, à court terme, la marge de manœuvre pour en introduire de nouveaux est ténue. Actuellement, des ressources financières importantes sont prévues dans les domaines de la culture, du logement, de l’aménagement ainsi que pour les équipements scolaires.

    La Culture à elle seule accapare 47% des investissements dès 2017 et il n'y a pas que la Culture...


    Revenons donc à la raison:

    MAH logo.pngLe pari de Genève, c’est d’apprendre à relever ses défis avec les autres, de partager ses Musées et toute sa Culture avec les privés, de renvoyer les alternatifs à leurs alternances (voir la Fondation l’Abri), d’applaudir le travail immense des fondations et des particuliers qui, seuls ou en associations, viennent en appui à la collectivité aussi dans l’Humanitaire et le social. Sans eux, Genève ne pourrait rester « Cette colline sur l’Europe », elle en perdrait son souffle, donc son esprit. A
    vec 67 millions offerts pour le MAH par des amoureux de la Culture, nous ouvrons la Cité vers l’avenir, tout en ne négligeant pas nos priorités sur les domaines de la propreté, de la sécurité, du bien-être de nos concitoyens. Sans eux, et c'est toute une Histoire, nous ne serions plus nous.  

    Votons donc un OUI déterminé au nouveau  Musée pour Genève le 28 février!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • De la barbarie genevoise envers les mécènes

    D’aucun se répandent depuis quelques jours en spécialistes sur le mécénat, versus Bâle. Compte tenu des liens étroits qui me lient à ce canton/ville, ma curiosité en a été avivée. Je me devais donc pour moi-même de creuser  la question puis de  partager avec vous ce qui suit:

    L’exemple de Bâle

    paul sacher.jpgLe mécénat bâlois a un nom : SACHER. Paul SACHER industriel et chef d’orchestre qui a épousé Maja SACHER, veuve STEHLIN HOFFMANN (La ROCHE) devient alors mécène et commanditaire de près de trois cents œuvres de musique contemporaine classique dont quelques chefs d’œuvres : le Divertimento de Béla Bartók, la Deuxième Symphonie d'Arthur Honegger et la Petite symphonie concertante de Frank Martin.

    En hommage à la générosité de cet homme,  Mstislav Rostropovitch commanda en 1976 un cycle de douze œuvres pour violoncelle à douze compositeurs différents ayant pour thème le "nom" de S-A-C-H-E-R : mi, la do, si, mi, ré) dont Trois Strophes sur le nom de Sacher d’Henri Dutilleux, les Sacher-Variationen de  Witold Lutoslawski, Tema "Sacher" de Benjamen Britten entre autres. Heureux temps que celui où les bénéficiaires de dons généreux cultivaient encore des restes d’élégance…

    De la tradition à l'évolution

    Schaulager.jpgPetite fille de Maja SACHER STEHLIN, Maja OERI devient, elle aussi, une passionée de l'art contemporain et grande dame du mécénat. Après avoir étudié l’histoire de l’art à Berlin, elle fut invitée en 1988 à rejoindre très officiellement la Kunstkommission der Öffentlichen Kunstsammlung im Kunstmuseum Basel. Par ailleurs, dès 1995, elle reprend la tête de la Fondation Emmanuel Hoffmann puis crée encore en 1999, la Fondation Laurenz, du nom de son fils décédé trop jeune. Cette dernière imagine et soutient alors la création du Schaulager, à Münchenstein/Basel/Kunstmuseum, un concept original et novateur d'un espace qui se situe entre l'entrepôt d'un musée et le Musée lui-même. Le Schaulager abrite principalement des œuvres de la Fondation Emmanuel Hoffmann. Aujourd’hui la Fondation annonce qu'elle subventionnera à hauteur de près de 50 millions de francs suisses la création de la nouvelle aile du Musée d'art de Bâle, mais la donatrice, tout naturellement, participe en tant que membre de la commission artistique du Musée, du choix des œuvres qui y seront exposées…

    Pendant ce temps, à Genève, certains viennent vous expliquer qu’en cumulant les qualités d’industriel, de collectionneur et de mécène, on n’attend de vous que le profit de vos largesses matérielles, après quoi on vous demande par convention d’aller  vous cacher, d’entrer dans l’anonymat et de rester sourd, muet et aveugle face à l’utilisation qu’en fera l’institution bénéficiaire…un brin barbares ces genevois, pas vrai ?

    En conclusion : Oui, le mécénat d’une grande famille bâloise est un exemple, mais le plus bel exemple n’est-il pas celui du gouvernement et des bourgeois de ce canton/ville, fiers et aimables envers leurs bienfaiteurs ?  

     

     

     

  • MAH ou LA PASSION EN +(3)

    Aujourd’hui, comme promis, nous parlerons chiffres.

    Un seul chiffre est à retenir  pour le 28 février : 64 millions soumis au vote.

    Tout le reste relève de l’élucubration. Tenez :

    1. Le quiproquo sur les affiches à propos du montant d’investissement

     

    MAH NON Nouvel 464935989.jpgMAH PPP 12647165_1669369089989238_9016069367448890949_n.png

    = 131 !

     

     

     

    La pierre d’achoppement : Une feuille de déroute brandie pour les besoins de l’anti - cause, qui mélange maladroitement les frais de fonctionnement et d’investissement, par exemple en mettant à charge du Oui les montants de déménagement des œuvres et les frais d’attente. Sachant que, avec un Non, le Musée devra fermer, les œuvres déplacées pour être protégées, et que le compte d’attente ne fera qu’augmenter avec une nouvelle attente. 

    MAH coûts 944044_180440592313638_4316265780091761862_n.jpg

    Comble de l’hypocrisie, ce même document vous assomme en bas de page  de la projection du coût  de fonctionnement d’un Musée rayonnant, sans prendre en compte les retombées économiques positives liées à sa réalisation à savoir:

    1 franc investi dans la Culture rapporte 2 francs à l’économie !

    Ce qu’on appelle le retour sur investissement. Volontairement ou involontairement ces omissions témoignent de la parfaite mauvaise foi ou de l’incompétence des opposants. 

     2. Au chapitre des dépassements de budgets,  d’aucuns se sont occupés d’aller en France chercher les exemples qui alimentent leurs angoisses ! Mais soyons lucides et restons en Ville de Genève pour en juger et nous rappeler que ceux-là mêmes qui vont dans la rue manifester contre un architecte français - tout en prônant l’accueil inconditionnel des étrangers - ont voté ces dernières années  unanimement et sans broncher tous les dépassements de crédits de leur magistrat, Rémy Pagani, tant pour la plaine de Plainpalais, que pour le Musée Rath et le Musée d’Ethnographie ! Qu’avant d’affubler de débordements un étranger, il conviendrait de les interroger d’abord sur les faiblesses de leurs propres élus.3.

    3. Au chapitre des rétrospectives financières, on considérera comme particulièrement énigmatique le silence retentissant qui plane sur le coût de la non- réalisation du projet depuis sa validation en 2000 ! Pas un mot et cependant, le Musée a continué sa course, envers et malgré tout, cahin caha bien que déjà hors normes, avec 157 employés fixes et quelques auxiliaires pour un coût annuel de 33 millions, collections obligent. Ce chiffre, ne l’oublions pas,  représente bel et bien les frais fixes et intouchables de l’institution, agrandissement ou pas, rénovation ou pas, Musée ouvert ou pas. Nous avons donc dépensé depuis l’an 2000, cahin caha, en inertie et en tergiversations 15x 33millions, soit 495 millions!

    4. S’ajoutent à ceux-ci les coûts trop ignorés d’un Musée fermé : les mêmes qu’au point 3, à multiplier par le nombre d’années. 

    5. Plus triste encore: la somme de 67 millions de fonds privés, récoltés miraculeusement et avec passion auprès de privés, des plus modestes aux plus prestigieux, par une noble Fondation attachée à nos collections, qui pourrait à jamais s’envoler.

    6. Revenons donc aux mathématiques : Genève, la plus petite des grandes villes, a une assiette fiscale limitée au nombre de ses contribuables, lequel n’est pas extensible. Il lui reste pour réaliser les investissements nécessaires à son évolution et à son rayonnement l’unique possibilité de s’a6. ssocier avec les privés. C’est du simple calcul mathématique. 

    7. Sauf à considérer  les limites de la politique: à savoir que le Vert Mugny, qui a lancé le projet, se voit contesté  par Cramer, que Pagani, maître d’ouvrage du projet, se voit combattre par Grobet, tandis que les mécènes se chamaillent…

    Ce qui nous prouve une fois de plus ceci :

     Il n’y a rien de plus nuisible à la Culture que la politique ! 

    MAH hôtel Tintin IMAG0887.jpg8. Et de revenir en un clin d’œil à l’affaire Tournesol soit enl'occurence de l’incongruité de la guerre juridique concernant 1) la transformation du bâtiment sachant qu’aucun bâtiment des Camoletti n’a jamais été considéré comme sacré : Qu’il n’a jamais été question de saccage lors de la démolition des premières gares, ni de la Maison de la Radio, ni des casernes – qui sait encore lesquelles ? -  encore moins de la transformation de l’Hôtel Cornavin, celui de Tintin affublé en 1995 de deux étages supérieurs en verre, considéré unanimement comme un must du quartier !

     
    hôtel Cornavin 19105955.jpg2) concernant les modalités du concours. Le lauréat ayant remporté légitimement  le concours des CFF pour les gares du Ceva,  je peine à saisir ce qui importune certains de le voir appeler pour le Musée, sachant que  la procédure d’appel n’est pas, mais absolument pas illégale.

    9. De retour donc à la logique : A la base un projet qui suscite l’envie. La création d’une Fondation pour la récolte de fonds. Parmi tant d’autres, l’apport d’un collectionneur qui participe de manière décisive à l’investissement.

    A noter au passage qu’à force de recevoir des collections, des legs qui arrivent parfois comme des épaves dans notre Musée déjà saturé, il pourrait se poser la question des savoir si, à l’avenir, la collectivité pourra à elle seule continuer de les entretenir. Oui, nous en sommes là. Et de nous demander si, à l’avenir, les collectionneurs/donateurs ne devraient pas se poser la question d’une nécessaire participation à l’entretien de leurs collections…

    10. Et de l’appel au réalisme. Car en effet, quoique vous disent les uns et les autres, aucune économie n’est à espérer d’un rejet de la proposition.  Les charges de fonctionnement se maintiendront et la mise aux normes impérative se devra de rentrer en force rapidement pour un coût que nul ne connaît sauf à savoir qu’il n’apportera au Musée aucune valeur ajoutée.

    Adieu alors espace, hauteur, lumière, mécènes et collectionneurs, musique ancienne, expos internationales, café au balcon,  et rebonjour le style vieux-jeu,  la niche aux habitués ringards et grognards, les colloques élitistes pour quelques illuminés, spécialistes, docteurs  dans l’art de vous faire bâiller en ressassant le passé puisque la jalousie, la méchanceté et surtout la stupidité aura ramené le plat du jour au rez-de-chaussée en votant pour un petit resto au lieu que pour un grand Musée !

    Or sus, Genevois/es,  réveillez-vous ! Ne laissez pas ainsi renier votre Musée! Prenez  de la hauteur, restez solides aux côtés des amoureux de la culture, les mieux engagés et les moins lâches, vous rappelant que,

    qui ne risque rien n’a rien,

    qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire  

    que  rien de grand ne se fait sans passion !

    OUI le MAH + mérite votre  OUI le 28 février !  

     

     

  • MAH  ou LA PASSION en + (2)

    Si nous ne causions pas d’argent ?

    Mais de valeurs, par exemple, de nos valeurs. Genève, rappelons-le, est depuis toujours une ville d’échanges matériels et immatériels. Il s’y rencontrent des marchands et des penseurs, s’y échangent des matières et des idées. S’ajoute à cela une certaine passion de collectionner, à tel point que notre cité concentrerait, dit-on, le plus grand nombre de collections, tous objets confondus. Serait-ce la faute à Rousseau et son premier herbier ?  C’est ainsi que la destination de notre Musée se devait d’être encyclopédique dans la mesure où il ne se limiterait pas à n'exposer que nos collections historiques (Escalade, Rétable de Saint-Pierre dit de Konrad Witz) – lesquelles se seraient somme toute satisfaites d’un hébergement dans un hôtel particulier ou une bonne maison genevoise transformée en Musée de l’Escalade – mais qu’il accueillerait des collections privées, lesquelles constituent aujourd’hui 80% de notre fonds. Le MAMCO commande des œuvres, le CAC en achète. Le MAH accueille, conserve et expose. C’est son histoire.

    L'ennui étant que la rencontre avec des objets anciens, amoureusement collectionnés, se fait ma foi en l’absence des personnalités passionnées et passionnantes qui les avaient acquises. D'où l'importance croissante du métier de médiateur culturel car, avec le temps, la distance  entre l’œuvre et le visiteur tend à se creuser. Et l'ennemi no 1 d'un Musée c'est l'ennui. 

    C’est donc avec la plus grande sympathie que j’ai appris qu’un collectionneur s’intéresserait à associer sa collection aux nôtres ! A participer de la vie du Musée ! Et voici bien ce qui insupporte certains : l’arrivée d’un collectionneur vivant, dans le Musée… 

    MAH 2014-corps-esprits-expo-gde.jpg

                                                                                      Ceci me ramène encore à un souvenir d’enfance lorsque le dimanche, mes parents m’emmenaient chez des amis qui voyageaient beaucoup et avaient planté dans leur jardin des totems. Autour de ces objets étranges, ils ne manquaient jamais de nous raconter toutes sortes d’histoires fascinantes. C'est ainsi qu'ils sont devenus magiques pour moi. Depuis, les totems ont été légués au MEG. Lorsque j’y vais je cherche à retrouver parmi tant d’autres, celui moins anonyme de mes amis, qui m'en avaient donné l'avant-goût et la curiosité...

    Revenant au MAH, je ne puis que saluer la main offerte d'un grand collectionneur à relever le défi de réussir à rafraîchir notre Musée tout en partageant ses acquisitions avec les nôtres, sous le regard bienveillant de notre municipalité. Ce faisant, il entre pleinement dans la vocation d'accueil de notre institution. Par ailleurs, il vient judicieusement compléter l’éventail encyclopédique existant, y trouvant, comme l’ont trouvé d’autres avant lui, un écrin favorable et l’opportunité de créer des juxtapositions intelligentes tout en réveillant l’esprit des lieux avec la flamme de sa passion. En insufflant un peu d’âme dans ces corps et ces esprits inanimés, qui avaient donnés lieu à une formidable exposition commune dont le succès fut mémorable. Rappelez-vous comment le collectionneur lui-même devenait guide et combien le courant passait, tant il est vrai qu' il n’y a meilleur narrateur que celui qui a fait le voyage, comme il n’y a de meilleure transmission que la transmission vivante.

    MAH corps et esprit 12290532454_de4fcea761.jpg

    Réveiller l’esprit de l’histoire, le rendre vivant, c’est la mission de l’institution. Avec de  la passion en plus.

    Dans un blog prochain, c’est promis, nous parlerons d’argent. Du coût de la gratuité d’un Musée endormi, des coûts d’un Musée en ruine, et de quelques chiffres clés. A suivre donc.

  • MAH OU LA PASSION EN + (1)

    Un Musée centenaire qui respire la poussière et l’ennui

    Tout d’abord, entre nous, permettez une confidence : Enfant, en passant devant la bâtisse monumentale de Charles Galland, je me disais : ce doit être un endroit pour les gens sérieux et les vieux. Ecolière, on nous y emmenait vers l’Escalade, a priori c'était joyeux, mais on devait s’y taire comme au cimetière, puis on nous montrait les casques et armures - sans les savoyards - , franchement je n’ai jamais eu envie d’y retourner, je préférais le cortège! Adulte, je me demandais encore entre un bâtiment administratif ou une caserne ce qu' abriterait au plus juste cette construction ? Or je découvre aujourd’hui que les Camoletti, ont bel et bien érigé notre première caserne, notre première gare, nos postes, des bâtiments fédéraux (l’Hôtel Cornavin, le Rialto, la maison de la Radio étant l’ouvrage de la jeune génération) avant de gagner le concours du Musée. Est-ce peut-être pour cela que, à l’exception du grand escalier intérieur, et malgré la cour aux contours très convenus, rien n’est jamais parvenu à  me démettre de l’impression que l’ensemble a quelque chose de sombre, de lourd, de presque stalinien, qui explique peut-être l’affection que lui portent certains…

    MAH LaPatrie_160121-1.jpg

    Il eut fallu réaliser les jardins devant le Musée, dans l’esprit du Trocadéro (souvenirs d'études à Paris), ouverts sur l’Observatoire et la descente vers le lac, prévus dans le projet original de l’architecte pour l’épanouir, tant il est vrai qu’ en l’état, ni de l’extérieur ni de l’intérieur, je ne suis jamais parvenue à m’identifier à ce bâtiment et le considérer comme référence culturelle de ma ville. Tout y respire la poussière et l’ennui.  Et cependant, ce Musée mérite.

    Le goût des Musées ne m’est venu que plus tard et d’ailleurs. Athènes, Florence, Londres, Turin par exemple. Ou grâce à nos collectionneurs privés notamment: Baur, Patek,  Barbier-Muller, Bodmer (pour Genève), Gianadda (Martigny),  l’Hermitage (Lausanne), Beyeler (Bâle), Reinhardt (Winterthur). Les galeries d’Etat, en général, ne m’inspiraient que peu au point où, en voyage, lorsque j’avais le choix entre la visite d’un Musée officiel  et d’une galerie privée, je  courais à la galerie…

    Un projet d’agrandissement qui dégage du souffle et de la lumière

    Tout a changé en 2004, lorsque, siégeant nouvellement à la commission de la Culture, les services de la Ville, accompagnés de César Menz, alors directeur, sont  venus nous présenter le projet d’agrandissement du Musée. Une séance qui, en quelques images, ont imprimé du souffle, de la lumière et de l’espace, un coup de jeune enfin à notre vieux Musée. Puis, il nous a  été organisé une visite des  ateliers de restauration et des dépôts : de véritables boîtes  à merveilles, dont on ne peut que regretter qu’elles ne soient accessibles qu’à quelques élus.

    Oui, d’emblée j’ai aimé et respiré avec ce nouveau projet ! Non par référence à des réussites de l’architecte concepteur ailleurs, mais parce qu’il réussissait ce miracle que de me donner l’envie, enfin, d’y aller ! Sans les jardins, l’ouvrage de Marc Camoletti est resté inachevé. Le projet Nouvel, dans l’espace réalisé, lui rend ce qu’il n’a jamais trouvé : le dégagement et l’attractivité. 

    MAH Nouvel 28_infographie_projet-jean-nouvel_forum_recadr.jpgOn nous parlait aussi d’une nouvelle vie au Musée,  de remuer les sous-sols, d’amener au jour des milliers d’objets qui s’empoussièrent dont les fameuses collections Hodler - notre Van Gogh local -, du portraitiste Jean-Etienne Liotard, Charles Bonnet et les derniers pharaons, bref de revoir les priorités quant au choix des collections permanentes, repenser la muséographie, l’accueil des publics, tout un processus de dynamisation  prêt à démarrer  avec enthousiasme à l’aulne du 100e anniversaire en 2010. En plus du souffle et de la lumière on lui donnait du sens.

    Il est 2016 et l’on en cause toujours. Aujourd’hui, le Musée n’assure plus ni la survie aux œuvres qu’il abrite  ni la sécurité aux visiteurs. Tout ceci parce que, depuis plus de 100ans,  la Ville n’y a jamais plus touché. Et d’aucun se disputeraient encore maintenant pour continuer à  ne jamais y toucher…  

    Et les deniers ?

    Certes, le nerf de la guerre c’est l’argent et si  la Culture n’a pas de prix, elle un coût. Bien plus un financement. Et puisque sur les affiches on ne parle finalement plus que de ça, comme d’ailleurs dans toutes les disputes  où il n’est in fine plus question que de porte-monnaie, dans un prochain blog, je vous parlerai d’argent - par exemple du coût des musées fermés - mais pas que. A suivre donc.

  • La nébuleuse des comptes de la ville

    Que veut dire le silence sidéral et sidérant de la magistrate sur le résultat des rentrées fiscales 2010?

    En juin dernier, on nous annonçait la fin des fins, en septembre la fin probable de la prospérité avec un powerpoint qui affichait la tendance inverse, no comment, en novembre, on évinçait le sujet, en décembre, lors du vote du budget, pas un mot pas un bruit. Silence. Aujourd'hui, silence encore, silence toujours.... Les chiffres sont-ils rouges ou ne le sont-ils pas? Le parti rouge aurait-il peur de rougir de ce que les chiffres ne le soient pas?

    La baisse du centime additionnel proposée par l'ensemble des partis de Droite cette année, n'était-elle qu'une vue de l'esprit ou une vraie proposition juste et responsable pour nos concitoyens?

    Parce que, il faut être clair: si l'on ne baisse pas le centime additionnel par beau temps à quand la pluie, le gel et les raffales?