04/04/2017

LES OUBLIES DE MENDELSSOHN

Deux compositions oubliées de Félix Mendelssohn seront interprétées par le Choeur de la cathédrale ce dimanche 9 avril à 17h30  

TERRE ENFER ET CIEL

Un titre donné par Felix, le compositeur bienheureux, aux derniers fragments d’un Oratorio inachevé qu’il nous a laissé avant de mourir en 1847 à l’âge de 37 ans. Rebaptisé par son frère Paul « Christus », il nous reste aujourd’hui de la partie « terre » un récitatif, un trio et un chœur illustrant l’annonciation, les trois Rois  et la marche à l’étoile. Ainsi que des extraits de la séquence enfer avec un dialogue passionné entre Pilate et la foule sur la condamnation de Jésus suivi du chœur des larmes et d’un choral. Hélas il ne nous reste rien du final « ciel, qu’il n’aura pas eu le temps d’écrire avant que d’y retourner…

LOBGESANG Symphonie - Cantate no 2 op. 52  

Affiche lobgesang 16487780_1028704110568369_8373382018093934617_o.jpgŒuvre incontournable de tous les grands chœurs et orchestres germanophones ou anglophones, cette œuvre exceptionnelle est peu interprétée chez nous. Toutefois, elle intègre à l’instar de Beethoven dans sa 9e symphonie, des chœurs dans la seconde partie, ainsi qu’un hymne non à la joie mais à la lumière dont la mélodie est empruntée à Martin Luther. Une manière de lier la lumière aux Lumières et les Lumières à la Réformation. Toute l’histoire de la famille Mendelssohn. Et la ligne de vie du compositeur qui peut se résumer à « porter la lumière ». Au point que son ami Robert Schumann notera dans ses Erinnerungen an Mendelssohn, que celui-ci semblait avec la parution du Lobgesang avoir tout donné de lui-même et « accompli sa mission ».  Cette musique brillante, joyeuse, d’une écriture quasi théâtrale, faisant jouer les graves et les aigus du bas en haut de l’orchestre pour faire émerger la lumière après la nuit, couronnée au final par l’apparition des chœurs, résonne de manière particulière en ce 500e anniversaire de la Réforme et par ces beaux jours de printemps, une œuvre à ne pas oublier !

 

 

 

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15/03/2016

ELIE, MENDELSSOHN... ET NOUS?

Elias 2016 12510341_771766326262150_1418621340145623165_n.jpgParfois on vous demande : comment supportez-vous les turbulences de la politique locale dans laquelle vous êtes engagée? Une réponse : la Musique ! Tant il est vrai que plus l’on s’engage avec les autres, plus l’on a besoin de replonger en soi, converser avec les créateurs, les retrouver dans les Musées, au Théâtre, en Musique ou dans la Nature, tout simplement.

Or il s’est trouvé qu’en travaillant et faisant travailler l’Oratorio Elias, transfiguré par Felix Mendelssohn - quelques semaines avant sa mort prématurée à 38 ans-  j’ai retrouvé en une seule oeuvre tout ce qui me ressource : une histoire colorée, forte d’images et d’action, une musique passionnée, romantique,  avec ces formidables descriptions symphoniques quasi cinématographiques des éléments, qui embarquement nos oreilles aussi naturellement en haute mer qu’au cœur d’un volcan. 

Vous confier combien je me sens plus inspirée par ces choristes motivés par l’interprétation  de ces grands chœurs d’oratorios populaires « égalitaires » du Vormärz, issus de l’esprit révolutionnaire, dont Mendelssohn avait le secret et pour lesquels les meilleurs ont composé,  que par ces « petits ensembles » baroqueux - bien qu’avec tous mes respects - qui respirent ce relent d’élitisme où la musique se chuchote bassement entre deux  messes, une musique éclectique qui peut certes tenter pour s’évader du catastrophisme ambiant, de la vulgarité omniprésente, du quotidien… mais dont on peut se demander si elle est réellement capable de vous transfigurer ?

Pour Elias, pas question de s’évader! Avec 3 millénaires d’écart, on plonge en pleine actualité, dans un pays où  la violence autour du sacré faisait déjà fureur.  Sur une terre difficile pour les humains : désert, sécheresse. Et un dieu jaloux.

En ce temps-là, l’histoire d’un homme, tourmenté, solitaire, épris d’absolu qui  tente – quasi en vain – de convaincre  son peuple – contre son gouvernement -  d’abandonner le culte des faux prophètes et de leur faux-brillant - leurs dieux bling-bling dirait-on aujourd’hui – et  de choisir l’humilité, la simplicité. Les amener à écouter tout au fond d’eux-mêmes la voix tendre de celui qui vous parle « comme le doux murmure du vent » à vous, personnellement, de vous, confidentiellement et affectueusement.

Suivre le parcours de l’un de ces visionnaires trop sensibles, suprasensibles, accablé par le désespoir, qui, en pleine dépression, dès lors que personne ne veut l’entendre et que la seule personne qui le comprend, Jézabel, le hait et veut le sacrifier car adepte de Baal et de ses superficialités dira, sur une mélodie puissamment inspirée soutenue par un chœur de violoncelles: « Es ist genug » qui se résume à «  C’en est assez » ! Puis tournera le dos à ce monde qu’il juge perdu, se retirera – ou se réfugiera -  seul, à Dieu merci, dans le désert…

L’histoire ou la légende raconte ensuite qu’un char de feu l’ emporte au ciel, l’occasion pour le prodige Felix de l’une de ces pages éblouissantes où il fait chanter les éléments à travers  l’orchestre symphonique au grand complet, « un paysagiste de première classe » comme disait Richard Wagner.

Cette fin magique et mystérieuse nous maintient donc suspendus entre ciel et terre, ainsi le voulait le compositeur : « Je me représente Elie comme un vrai prophète, comme nous pourrions souhaiter en avoir un jour, énergique et jaloux, mais aussi sévère, courroucé et sombre, en contraste frappant avec la foule de la cour ou de la populace, en fait en opposition avec le monde entier et pourtant porté sur des ailes d’anges… »

Oui, notre monde aurait besoin de visionnaires, tels qu’Elie, qui nous transfigurent, comme il le fut lui-même un certain jour au Mont Tabor, nous élevant au-dessus de la mêlée et nous communiquant la force de vivre sur une terre de combats infernaux dont il espérait, prophétiquement voici 3000 ans déjà, lui aussi la trêve…

ELIAS, Oratorio  de Felix Mendelssohn, ce dimanche 20 mars 2016 à 17h à Saint-Pierre de Genève, avec le Chœur de la cathédrale, ses solistes et son orchestre !

 

 

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14/01/2014

D.E.G.A.G.E! ou le pouvoir du verbe

Six lettres. La force inouïe d’un impératif singulier présent qui, voici trois ans le 14 janvier 2011, a sonné comme les trompettes de Jéricho, et résonne encore, résonne toujours, plus loin et partout. Un  cri primal, le clairon de la délivrance, une voix, un commandement,  surgi nul ne sait vraiment quand, où, ni comment - dont nul en somme n’a jamais revendiqué  la paternité -  si  clair, si vrai, si évident,  franc, spontané, anonyme et partagé, qu’il ne lui aura fallu que quelques semaines,  pour que, repris en choeur et  avec ferveur, il s’impose naturellement à tout un peuple et provoque la chute d’un gouvernement!  Quel pouvoir, quelle efficacité !  Le pouvoir d’un seul verbe.

Il est vrai qu’il arrivait à point nommé, celui-ci. Et cependant,  je reste fascinée. Subjuguée par la force de ce verbe, un seul, ce produit  de notre cerveau, qui, pour n’appartenir à personne est devenu symbole de lutte de tout un peuple, a  libéré les voix, les  énergies,  à l’infini.

On avait déjà  entendu ailleurs des citoyens crier  « Indignez-vous ! », d’autres défiler derrière « la force tranquille », avec un  « Vivement demain », ou « Yes we can ! » Mais rien de semblable à cet impératif  qui,  sans gourou, sans autre leader que le peuple, sans agence de marketing ou de communication, a trouvé l’énergie, en ce 14 janvier, de chasser l’hiver et de croire au printemps.  Ainsi ce témoignage :

J'ai suivi au quotidien la montée de la vague révolutionnaire. Je sentais qu'elle allait cette fois atteindre des niveaux jamais atteints, mais je dois avouer que je ne croyais pas qu'elle serait en mesure de renverser le régime de Ben Ali. Mais je me suis vite rendu compte du changement intervenu dans les mentalités tunisiennes, les dés étaient jetés; Ben Ali tentait de calmer le jeu mais rien n'y faisait.

C'est dans cette atmosphère que je fus surpris le 14 janvier à 17h et quelques minutes par un appel téléphonique de mon frère qui me disait qu'un avion était en train de décoller de l'aéroport de Tunis Carthage et que ça pouvait  étre celui de Ben Ali en fuite.  Je courus vers la fenêtre de ma cuisine et vis de mes propres yeux s'envoler cet avion de la délivrance…

(MC à FK, le 25 décembre 2013)

Ah s’il suffisait d’un verbe, d’un seul,  pour recréer le monde, plus libre, plus juste, plus solidaire !

A  l’heure qu’il est, trois ans après,  perdus dans les méandres des 150 articles de leur future Constitution, les Révolutionnaires  mesurent combien il en faudra encore ajouter à ces 6 premières,  sans que la lettre n’étouffe l’esprit, pour  faire éclore un vrai texte de printemps, qui n’ait point trop perdu de la force primale, et rendre concrète,  durable et  vivante  cette formidable énergie populaire, l’énergie de la Révolution…

 

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22/05/2011

Ma petite Monique

 

Exactement ce que j’aime.

Hier soir, samedi, à 20h30, "Ma petite Monique" m'a fait passer 70min  de spectacle, peut-être un peu plus, à la Maison de Quartier de la Jonction, av. Sainte Clotilde, autour de  l' histoire d’une femme,  a priori banale – si tant est que la vie d’une femme serait inscrite au registre de la banalité –, écrite dans le juste observé de la vie.

Mais je le confesse, j’adore le théâtre. Le théâtre comme la vie. En résumé j’aime la Musique pour pleurer, les Couleurs pour rêver, et pour vivre, le Théâtre.

Dans  cette histoire, pas une seconde d’ennui. Un décor sobre et efficace, un  texte qui parle et une actrice qui vit. Un sans fautes pour ce one woman show de Caroline Gasser, la femme sans failles, la femme qu’il faut.

Du 17 au 28 mai,  c’est tout près, c’est chez vous. Cueillez dès ce lundi, n’attendez à demain! Ne faites pas comme si on ne vous l'avait pas dit... A Avignon, à Paris, les places ce serait tant pis. Bon spectacle donc à vous, habitants de chez nous, bon spectacle et très bonne nuit !

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20/04/2011

J+3

Retrouvailles avec la Musique, après beaucoup de bruit.

Le madrigal en sept parties sur les paroles du Christ en croix de Gounod est un chef d’œuvre.

De Palestrina il a la clarté, de Lassus la légèreté, de Gesualdo la substance, de Mendelssohn la chaleur, de Gounod, enfin, la couleur. Une partition confiée exclusivement aux voix les alliant par  quatre pour finir à huit.  De la sobriété à  la magnificence.

A la première lecture, l’œuvre semble facile. A la seconde, intense, à la troisième surprenante, à l’avant- veille du concert constamment ressourçante. Plus on la chante moins on se fatigue...A puiser sans fin  dans les arcanes de la foi,  de la prière et du mystère. Quelque chose qui sublime les dogmes, les programmes, les règles. Les notes bleues, dirait Chopin. Que des notes bleues.

Ce soir, Générale à Saint-Pierre, tandis que d’autres hausseront le ton à répétition, un peu plus bas, au conseil municipal...

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